Fermez les écoles, ouvrez les prisons* !

Paris, le mardi 24 mars 2020 – Le ministère de la Justice envisage de libérer 5 000 prisonniers malades ou en fin de peine. Le but est de faire baisser la tension crée par le coronavirus dans des prisons surpeuplées.

L’épidémie de coronavirus va faire des heureux. Selon l’AFP et les syndicats de l’administration pénitentiaire, le ministère de la Justice envisagerait de libérer progressivement 5 000 prisonniers (sur 70 000 détenus au total) dans les prochaines semaines. La priorité sera donnée aux délinquants en fin de peine ou qui souffrent de maladies chroniques. La mesure sera prise par ordonnance, dans le cadre de la loi sur l’état d’urgence sanitaire adoptée ce dimanche par le Parlement.

Un système judiciaire grippé

La Chancellerie semble donc avoir répondu favorablement à la demande de plusieurs associations de défense des droits des prisonniers, qui recommandaient il y a une semaine des libérations anticipées. Le but est de limiter le risque de propagation du coronavirus dans des établissements pénitentiaires surpeuplés (118 % de taux d’occupation en moyenne, jusqu’à 200 % dans certaines maisons d’arrêt). Plusieurs cas ont été détectés à la prison de Fresnes où un décès est à déplorer.

Il s’agit également de faire baisser la tension qui monte. Le 17 mars dernier, l’annonce de la suspension des parloirs dans le cadre du confinement généralisé avait provoqué des mutineries dans plusieurs établissements pénitentiaires français.

L’épidémie de coronavirus pose également le problème des détentions provisoires. La loi impose en effet qu’une détention provisoire soit réexaminée par le juge des libertés et de la détention (JLD) tous les 4 à 6 mois pour une durée maximale de 1 à 4 ans selon la gravité de l’infraction. Le JLD est d’ailleurs l’une des rares juridictions toujours opérationnelles. Alors que la machine judiciaire tourne au ralenti et que le gouvernement semble faire le choix de diminuer le taux d’incarcération, beaucoup de prévenus pourraient donc être libérés.

Libérations massives aux Etats-Unis, évasion au Brésil

La France accompagne un mouvement suivi par de nombreux autres pays. Aux Etats-Unis (plus de 2 millions de prisonniers), des milliers de détenus ont été libérés ces derniers jours, tandis qu’une trentaine de procureurs ont publié une tribune appelant à ne pas placer en détention les suspects non dangereux. En Iran, l’un des pays les plus durement touchés par la pandémie, des prisonniers politiques sont mis en liberté. En Espagne, les 8 000 prisonniers en semi-liberté sont désormais autorisés à rester chez eux et n’ont plus à revenir dormir en prison.

Mais certains prisonniers n’attendent pas un beau geste du gouvernement pour mettre fin à ce confinement d’un autre genre. A Sao Paulo au Brésil, à la suite de l’annonce de l’interdiction des sorties temporaires, une centaine de prisonniers se sont mutinés avant de s’échapper.

*Allusion à la phrase attribuée à Victor Hugo : Chaque fois que l’on ouvre une école, on ferme une prison.

QH

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Vos réactions (1)

  • Victor Hugo amours ancillaires et perversité sociale

    Le 29 mars 2020

    On nous a bassiné assez...Cessons cet engouement naif voire débile pour un certes grand poète et romancier; mais rien dans ces "compétences" ne donne le droit à être Idolâtré, ni d'avoir raison sur tout....
    Le poète était grand mais l'Homme tout petit qui a tant souffert dans son palais de Jersey où il n'était nullement Confiné !

    Dr Jacques Borek

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