Flakka, la "drogue qui rend fou" continue de faire des ravages

Miami, le mardi 23 août 2016 – Depuis quelques années, les rapports nationaux et internationaux qui analysent la consommation de produits stupéfiants alertent sur la progression des produits synthétiques. Souvent fabriquées en Chine dans des laboratoires clandestins, ces substances psychoactives aux effets parfois détonants contournent les réglementations et interdictions grâce à des compositions sans cesse renouvelées et à une commercialisation s’appuyant notamment sur internet. Leur succès tient à leurs effets sans pareil (proche des amphétamines et de l’ecstasy avec en outre un fort sentiment de puissance) et à leur prix très en deçà des classiques MDMA et cocaïne.

La drogue à cinq dollars 

Ces drogues synthétiques peuvent notamment se composer de dérivés ou d’analogues de la méthylènedioxypyrovalérone (MDPV) auxquels s’ajoutent parfois de la méphédrone. Elles sont alors distribuées sous des noms divers, tels « sels de bain » ou « gravier » (en raison de leurs formes) et plus récemment « flakka » (avec des compositions qui diffèrent légèrement). D’abord consommées par des sans abris en raison de leur très faible prix (ces produits sont parfois surnommés « la drogue à cinq dollars »), elles ont bientôt également été utilisés par des étudiants, voire des lycéens.

Violence sordide

Aux Etats-Unis et notamment en Floride, ces produits de synthèse, en dépit du renforcement des contrôles font des ravages, qui ne cessent de s’accroître depuis près de deux ans. Aux morts provoquées par la consommation de ces substances dangereuses qui favorisent les hyperthermies malignes, s’ajoute la crainte de la violence qu’elles peuvent engendrer. Plusieurs cas d’homicides sordides liés à la prise de flakka ou de sels de bain ont en effet défrayé la chronique. La semaine dernière, l’attaque perpétrée par un jeune homme de 19 ans contre un couple et un homme qu’il ne connaissait pas a ainsi particulièrement marqué les esprits. Austin Harrouff a en effet sauvagement assassiné un homme et une femme qui discutaient devant leur porte avant de s’en prendre à leur voisin. Quand la police est intervenue, il semblait être en train de vouloir « dévorer » une de ses victimes.

Santé publique

Si des « tentations » de cannibalisme sous l’emprise de flakka ont été rapportées ponctuellement (sans qu’aucune démonstration plus pointue n’ait pu être proposée),  les spécialistes ont pu observer les conséquences psychiatriques de ces substances qui entraînent régulièrement des « illusions paranoïaques de persécution » comme l’expliquait l’année dernière le Dr Nabil el-Sanadi, président du réseau d’hôpitaux Broward Health. Pour certains praticiens américains qui ont vu se multiplier les consommateurs de ces drogues, au potentiel addictif aussi puissant que la cocaïne, l’enjeu de santé publique est certain.

La France non épargnée

Les drogues synthétiques du type « sels de bain » et « flakka » n’épargnent pas la France, notamment parce qu’internet est un puissant vecteur. Plus connues sous le nom d’alpha-PVP, elles connaîtraient ainsi un succès grandissant dans notre pays. Au Figaro, la psychiatre-addictologue Muriel Grégoire (Hôpital Marmottan) indique ainsi avoir vu progresser le nombre de patients ayant déjà consommé ce type de drogues. Pour ces derniers, les risques à long terme, notamment psychiatriques, mais aussi cardiologiques, sont mal connus mais semblent inquiétants.

Aurélie Haroche

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