Fonction publique hospitalière : des manifestations importantes, mais une grève peu suivie

Paris, le mercredi 8 mars 2017 – L’intersyndicale FO-CGT-Sud appelait hier l’ensemble des fonctionnaires à la mobilisation. Derrière le slogan « Je suis une richesse » destiné d’une part à rappeler le caractère essentiel de ces professionnels et d’autre part à répondre au sentiment exprimé par certains de l’absence de sens et de reconnaissance de leur mission, les fonctionnaires ont défilé nombreux. Fait rare, la fonction publique hospitalière s’est fortement mobilisée, notamment les infirmières. Seize organisations représentant ces dernières, dans le monde hospitalier mais également en ville, ont d’ailleurs partagé l’appel à cesser le travail et à manifester.

Des cortèges nombreux et nourris

Le taux de participation à la grève est demeuré restreint ne dépassant pas les 10 % selon les chiffres officiels. Mais les cortèges ont été nombreux et nourris dans toute la France, quand les défilés du 24 janvier dernier étaient fortement parsemés (mais il est vrai qu’à l’époque les centrales syndicales ne participaient pas au mouvement). Ainsi , entre 10 000 et 12 000 personnes selon la police et entre 30 000 et 35 000 pour les syndicats ont battu le pavé parisien. Plusieurs autres villes comptaient également leur propre défilé : Marseille (1 500 participants), Lyon (plusieurs centaines), Perpignan, Grenoble ou encore Dijon.

Par ailleurs, dans certains établissements, les mouvements de grève ont été plus marqués, comme à Limoges, où le CHU a recensé 15 % de grévistes. En outre, après avoir interrompu une réunion de la direction afin de réclamer une nouvelle fois la titularisation des personnels contractuels, les manifestants ont décidé de reconduire le mouvement ce 8 mars.

Jean-Luc Mélenchon soutient les manifestants

Au niveau national, la défense de la santé était également sur toutes les lèvres. « La santé, ce n'est pas une dépense, c'est un service public » a ainsi martelé le secrétaire général de la CGT, Philippe Martinez. Les revendications des organisations ont également été déclinées parmi lesquelles l’abandon des groupements hospitaliers de territoire (GHT) et de l’objectif de 3,5 milliards d’économies à l’hôpital en trois ans et la mise en place d’un moratoire sur la fermeture des lits. Les syndicats déplorent également la remise en cause dans plusieurs établissements des accords de réduction du temps de travail. Reçus en fin de journée au ministère de la Santé, les représentants des manifestants n’ont reçu qu’une écoute polie et se sont montrés déçus des réponses apportées. La campagne électorale ne leur confère que peu de réconfort. Si le leader de la France insoumise, Jean-Luc Mélenchon avait pris place dans le cortège parisien, les programmes de la plupart des autres candidats à l'élection présidentielle sont assez éloignés des vœux des syndicats. La dénonciation des GHT n’est notamment pas à l’ordre du jour des préoccupations des concurrents pour l’Elysée.

Léa Crébat

Copyright © http://www.jim.fr

Réagir

Vos réactions

Soyez le premier à réagir !

Les réactions aux articles sont réservées aux professionnels de santé inscrits
Elles ne seront publiées sur le site qu’après modération par la rédaction (avec un délai de quelques heures à 48 heures). Sauf exception, les réactions sont publiées avec la signature de leur auteur.

Réagir à cet article