Futurs hôpitaux de proximité : c’est de la pipe ?

Grand Bourgtheroulde, le mercredi 16 janvier 2019 – Hier, durant près de sept heures, le Président de la République Emmanuel Macron a fait face à 600 maires de l’Eure pour ouvrir le Grand débat.
Le chef de l’Etat s’est prêté au jeu des questions-réponses des représentants locaux de tous bords et a littéralement mouillé la chemise. Il a écouté les maires énumérer une longue liste des « doléances » de leurs administrés. Les édiles ont ainsi évoqué le pouvoir d’achat, la justice fiscale, le niveau des retraites ou l’affaiblissement des services publics en milieu rural. Il a émaillé ses réponses de mots de vieil argot et a même eu une formule qui restera sans doute célèbre, à la façon de la « chienlit » du Général de Gaulle : « il ne faut pas raconter des craques, ce n’est pas parce qu’on rétablira l’ISF que les gilets jaunes iront mieux. C’est de la pipe ».

Le maire de Brionne a dû s’interroger « cette réponse, c’est de la pipe » ?

Certains élus ont défendu des dossiers précis, tels celui de la maternité de Bernay, condamnée à la fermeture.

Ainsi, interrogé par le maire de Brionne, Valéry Beuriot (Parti Communiste Français) Emmanuel Macron a évoqué le sort de cet établissement et celui des « hôpitaux de proximité » en général.
Il a ainsi déclaré : « On est, à Bernay, à un endroit où on a besoin de santé, on a besoin de développer un centre périnatal et donc d’accompagner les mamans qui viennent d’accoucher. On a, à Lisieux ou Evreux, des endroits où on peut accoucher dans de biens meilleures conditions et en plus grande sécurité, et il y a des besoins en gériatrie à Bernay. Ce n’est pas du tout une question d’économie de postes puisqu’on va en rouvrir. L’engagement que je peux prendre ici, sans être dans la démagogie, c’est qu’il n’y aura pas d’économies de faites à Bernay par ce changement qui est fait. Ça n’est mu que par la volonté de préserver la santé publique. Le ministère va réinvestir pour ouvrir des postes de l’offre de soin sur d’autres endroits. A Pont-Audemer, il y a des restructurations comparables qui ont été faites.  On doit réinvestir là où il y en a besoin donc, plus de services périnataux et il faut réinvestir en gériatrie car on a vu qu’il y a des besoins qui correspondent à la population ». Il a ainsi illustré l’une des mesures du plan "Ma santé 2022" qui propose d’établir des « hôpitaux de proximité » spécialisés dans ces deux disciplines.

Le Président de la République a par ailleurs fait observer le paradoxe qui consiste à défendre des établissements de santé tout en évitant leur fréquentation. Il a ainsi interrogé les maires : « Je comprends que vous défendiez vos territoires, mais est-ce que vous enverriez votre femme ou votre fille accoucher là-bas ? ».

Si rares ont été les autres questions concernant la santé et les services publics hospitaliers, la sécurité routière, sujet de santé publique majeure, a été largement abordée avec les discussions concernant un possible retour en arrière quant à la limitation de la vitesse à 80 km/h sur les routes nationales…

F.H.

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