Game of drone

Baltimore, le samedi 4 mai 2019 – Un grand nombre de férus (optimistes) de technologies fondent de grands espoirs dans les drones. Ils considèrent que ces dispositifs pourraient répondre à de nombreux obstacles des méthodes de transports classiques. Les géants du commerce en ligne en sont notamment convaincus : Google a ainsi récemment obtenu l’autorisation de réaliser des livraisons par drone dans des villes américaines et australiennes.

4,5 kilomètres en dix minutes

Aujourd’hui, ce sont les spécialistes du prélèvement et de la transplantation d’organes qui s’intéressent aux potentialités des drones. Actuellement, le transport des organes relève souvent d’un casse-tête, dont les conséquences sont loin d’être anodines. Ainsi, selon le réseau américain de transplantation, 1,5 % des organes prélevés en 2018 ne sont pas arrivés à destination et 4 % ont été acheminés avec deux heures de retard, un délai fortement dommageable pour la qualité du greffon. Pour pallier ces difficultés, l’accent est mis sur les techniques de préservation des organes à transplanter. Mais parallèlement, les réflexions se concentrent également sur les modes de transport. Aujourd’hui aux Etats-Unis, les méthodes utilisées sont très diverses et souvent mises en œuvre par des sociétés privées. Si le transport en avion n’est généralement pas l’objet de difficultés, ce sont les navettes des aéroports aux hôpitaux qui se heurtent aux embouteillages. De même, les distances entre hôpitaux d’une même ville ne sont pas toujours parcourues facilement. Aussi, de plus en plus de spécialistes considèrent que les drones pourraient partiellement répondre aux difficultés constatées. Un premier pas vient d’être franchi en vue d’une utilisation des drones : ce 19 avril, un rein a été transporté d’un parking de Baltimore jusqu’au toit de l’hôpital universitaire de Maryland où il a été greffé avec succès. Le vol d’une durée de dix minutes pour franchir 4,5 kilomètres a été entouré de larges précautions (les rues avaient été fermées par la police le long du trajet), tandis que le drone volait à 120 mètres d’altitude.

Uber du transport d’organes

Si les conditions de cette expérimentation ne sauraient être reproduites en routine, la réussite de l’entreprise démontre la faisabilité du recours au drone, même si les risques techniques et les questions de sécurité associés à l’utilisation d’un appareil contrôlé à distance soulèvent de nombreuses interrogations éthiques et pratiques. Le docteur Joseph Scalea, chirurgien à l’origine du projet qui a vu le drone transporteur d’organe officier pour la première fois est confiant quant à l’avenir d’un tel dispositif. « Je pense que d’ici trois à cinq ans, nous commencerons à voir des livraisons d’organes de façon plus régulière. Et les livraisons par drones deviendront sans doute largement possibles d’ici cinq à dix ans » est-il convaincu. Pour le praticien, ce système qu’il assimile à un service de type Uber aurait le mérite de la souplesse et permettrait en outre de réaliser des économies.

A suivre – dans le ciel.

Léa Crébat

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