Gastro-entérites à Campylobacter : attention au poulet !

Les Campylobacter jejuni et coli sont des agents de gastro-entérites dans le monde entier avec des incidences variables selon les pays. Les réservoirs de germes sont les animaux surtout domestiques de façon directe ou indirecte par l’eau contaminée ou les fruits et légumes non lavés. Dans les pays industrialisés, les volailles sont la principale source de contamination. Les poulets et la viande de poulet congelée constituent un réservoir majeur. Le mode de transmission commun est direct ou indirect interhumain. Le tableau clinique habituel comporte diarrhée, douleurs abdominales et occasionnellement de la fièvre. Le syndrome de Guillain-Barré est une complication rare. La prévention repose essentiellement sur des mesures d’hygiène.

La Nouvelle Zélande a un taux relativement élevé d’infections à Campylobacter en comparaison des autres pays de même niveau économique. Des pédiatres de Christchurch ont étudié l’épidémiologie entre1997 et 2016 de ces infections à déclaration obligatoire. Deux bases de données ont été utilisées ; l’une collecte les diagnostics des patients hospitalisés ou vus en consultation dans les hôpitaux publics et privés, les infections à Campylobacter étant codées selon la nomenclature internationale. L’autre, EpiSurv, est le réseau des maladies à déclaration obligatoire.

Efficacité d’une stratégie de réduction des contaminations alimentaires

Pendant la période de 20 ans considérée, il y a eu 39 970 notifications de gastro-entérite à Campylobacter chez les enfants de moins de 15 ans (garçons 59,1 %) et 1 458 hospitalisations (garçons 61,8 %). A partir de 2006, une stratégie a été développée afin de réduire la prévalence des infections à Campylobacter parmi la volaille en surveillant les troupeaux et les carcasses et en révisant tout le processus de préparation des poulets. Avant 2006, les taux annuel de notification augmentait de 3,4 % par an (intervalle de confiance à 95 % IC 0,7 %-6,2 %) avec un pic de 340 notifications pour 100 000 enfants en 2003. Les variations moyennes de pourcentage des hospitalisations étaient de 7,4 % (IC 4 %-10,9 %) pendant la même période. De 2006 à 2008, les taux de notification ont baissé de 25 % et ceux d’hospitalisation de 30 %. Depuis 2008, les taux d’incidence standardisés par âge pour 100 000 enfants par an ont été stables, à 161 notifications (variations moyennes de pourcentage -3,1 ; IC 0,82 à -6,9) et d’hospitalisations à 6,73 (variations moyennes de pourcentage 2,2 ; IC -2,0 à 6,5). Les taux de notification étaient les plus élevés chez les enfants de 1 à 4 ans et ceux d’hospitalisations avant un an.

La mise en œuvre d’une stratégie pour réduire les contaminations d’origine alimentaire a permis en Nouvelle Zélande de baisser les taux de notifications des infections par Campylobacter avec seulement une petite proportion de cas nécessitant une hospitalisation.

Pr Jean-Jacques Baudon

Référence
Jeffs E et coll. : Epidemiology of Campylobacter gastroenteritis in New Zealand children and the effect of the Campylobacter Strategy. A 20-year observational study. Pediatr Infect Dis J., 2019; 38: 569-576

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