Germanwings : les derniers jours d’Andreas Lubitz confirment une "psychose"

Paris, le jeudi 28 janvier 2016 – Le 24 mars 2015, Andreas Lubitz, co-pilote pour la Germanwings, profitant d’une absence du pilote, s’enferme dans le cockpit de l’avion et précipite l’appareil qui transportait 149 passagers sur un massif des Alpes françaises.

Très vite, les antécédents psychiatriques du jeune homme sont révélés, ainsi que son traitement par des antidépresseurs au moment du drame. Les interrogations sont nombreuses et concernent notamment le suivi médical des pilotes et l’impuissance de la médecine du travail pour détecter les situations les plus à risque. Aujourd’hui, l’enquête conduite par la police allemande, dont le Parisien a révélé plusieurs éléments hier, confirme le diagnostic de troubles "psychotiques".

30 consultations médicales en quelques semaines

Tout semblait aller pour le mieux dans la vie d’Andreas Lubitz. Son épisode dépressif de 2009 qui l’avait conduit à interrompre pendant plusieurs mois sa formation de pilote paraissait derrière lui. Lors de sa dernière consultation médicale avec son médecin traitant, le 20 mars 2015, le praticien l’interroge sur sa vie personnelle. Le bilan est on ne peut plus satisfaisant : « Rapport avec les parents, Ok. Amis, Ok. Job de ses rêves. Aime sa femme par-dessus tout ». Pourtant, quand est fait ce résumé idyllique, Andreas Lubitz est plongé dans l’enfer de la psychose depuis plusieurs semaines et c’est notamment pour déceler si des éléments dans sa vie personnelle peuvent expliquer ses troubles anxieux que le praticien s’est livré à cet interrogatoire. Avant ce dernier rendez-vous, Andreas Lubitz a consulté son médecin à de nombreuses reprises, ainsi que six autres praticiens : au total 30 consultations sont recensées dans les semaines précédentes, sans oublier plusieurs mails échangés avec son psychiatre.

"Psychose", mais sans tendance suicidaire

Ce parcours médical chaotique qui révèle les angoisses du co-pilote de la Germanwings a débuté au moment de Noël. Le jeune homme se plaint de troubles de la vision inquiétants, qui le désespèrent car ils mettent en jeu sa carrière. Certains médecins suspectent alors une dégénérescence maculaire précoce. Andreas Lubitz multiplie les rendez-vous face à un diagnostic qu’il refuse. Cette perspective provoque angoisses et insomnies qu’il évoque sans nuance à son psychiatre, indiquant dans un mail que sa durée maximum de sommeil n’excède pas deux heures par nuit. Finalement, les derniers examens réalisés rejettent toute pathologie ophtalmologique. L’origine psychogène semble l’unique explication. Andreas Lubitz s’enfonce dès lors un peu plus dans la "psychose". Son médecin généraliste et son psychiatre signeront le 12 et le 16 mars chacun un arrêt de travail évoquant les troubles psychiatriques du jeune homme. Cependant son psychiatre indique qu’il n’a pas repéré de « tendance suicidaire ». On le sait, Andreas Lubitz  ne transmettra cependant jamais ces documents à la médecine du travail de sa compagnie.

Quelques jours après qu’ils lui soient délivrés, il multiplie les recherches sur internet : elles concernent les différentes méthodes de suicide. Après s’être intéressé aux autolyses médicamenteuses, il finit par se concentrer sur la sécurité dans les cockpits...

Aurélie Haroche

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Vos réactions (1)

  • Psychogène pas psychotique

    Le 08 mars 2016

    Psychogène ne veux pas du tout dire psychose. Des troubles de la vision psychogènes sont de nature conversive pas psychotique. Les troubles visuels dans les psychoses (hallucinations visuelles) sont rare et ne ressemblent pas du tout à une DMLA. Le fait de consulter autant n'est pas non plus un argument. La piste dépressive reste en l'état la plus valable, du moins vu les éléments donnés dans l'article.

    A-B
    Interne en psychiatrie

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