‘Global Burden of Disease’: que retenir pour les cancers du pancréas, de l’estomac et colorectaux ?

Financée par la Fondation Bill et Melinda Gates, l’étude Global Burden of Disease, publiée conjointement dans le Lancet Gastroenterology – Hepatology, fait partie de la Global Burden of Diseases, Injuries, and Risk Factors Study (GBD) qui couvre sept super-régions, comprenant 21 régions et 195 pays et territoires. Les résultats montrent notamment une augmentation du nombre de cas de cancer du pancréas de 130 % au cours de la période d'étude (de 1990 à 2017) passant de 195 000 à 448 000 aujourd’hui. Par ailleurs, le cancer gastrique est passé de la deuxième place en termes de décès par cancer dans le monde à la troisième, après les cancers du poumon et les cancers colorectaux.

Pour le cancer du pancréas

Plus précisément, concernant les cancers du pancréas, les taux d'incidence et de mortalité normalisés selon l'âge ont augmenté respectivement de 12 % et 10 %. Ainsi, une partie seulement de l’augmentation du nombre de décès liés à ce cancer peut s'expliquer par l'accroissement de la population et de la longévité. On peut retenir aussi que les taux d'incidence et de mortalité les plus élevés se retrouvent dans les pays à revenu élevé, probablement parce que la prévalence de l'obésité et du diabète ont augmenté dans ces pays. Les auteurs insistent également sur le fait que « les principaux facteurs de risque du cancer du pancréas, comme le tabagisme, le diabète et l'obésité, sont en grande partie modifiables et représentent de belles cibles en termes de prévention ».

Pour le cancer gastrique

Dans la lutte contre le cancer gastrique, les experts recommandent des stratégies locales car si les taux d'incidence et de mortalité normalisés selon l'âge ont diminué régulièrement entre 1990 et 2017, cette baisse n'a pas nécessairement entraîné une diminution des coûts de santé dans les pays à haut risque. Les experts estiment que des stratégies locales spécifiques devraient être adaptées au profil des facteurs de risque de chaque pays, en particulier en Asie de l'Est, où surviennent actuellement près de la moitié des cas et des décès.

Pour le cancer colorectal

Pour le cancer colorectal, le taux d'incidence normalisé selon l'âge a augmenté de 9,5 % à l'échelle mondiale entre 1990 et 2017. En revanche, le taux de mortalité normalisé selon l'âge a diminué de 13,5 % grâce à l'introduction de programmes de dépistage du cancer colorectal qui ont conduit à une détection plus précoce avec une augmentation des chances de survie. En effet, une réduction des taux de mortalité a été observée dans les pays où des programmes de dépistage ont été mis en place il y a deux ou trois décennies. L'étude a également souligné que les facteurs de risque du cancer colorectal sont différents chez les hommes et les femmes et que cette différence devrait être prise en compte dans les politiques nationales et les programmes de prévention. Chez l’homme, ce sont la consommation d'alcool, le tabagisme et les régimes alimentaires faibles en calcium, en lait et en fibres qui sont à considérer, tandis que chez la femme, ce sont les risques alimentaires, mais pas la consommation d'alcool ou le tabagisme, qui représentent les risques les plus attribuables.
 

Dr Dominique-Jean Bouilliez

Références
Etemadi A et coll. : Global, regional, and national burden of stomach cancer and its attributable risk factors, 1990 to 2017: a systematic analysis for the Global Burden of Disease Study 2017. Pourdhams A et coll. : Global, regional, and national burden of pancreatic cancer and its attributable risk factors, 1990 to 2017: a systematic analysis for the Global Burden of Disease Study 2017. Safiri S et coll. : Global, regional, and national burden of colorectal cancer and its attributable risk factors, 1990 to 2017: a systematic analysis for the Global Burden of Disease Study 2017. 27e UEG (United European gastroenterology) Week (Barcelona) : 19-23 octobre 2019.

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