Google dermatoscope, dernière extension de Google Images

Mountain View, le samedi 22 mai 2021 – Les prétentions de Google à devenir un acteur important dans le domaine de la santé, en mettant notamment son expertise dans les algorithmes au service du diagnostic, ont souvent été évoquées dans ces colonnes. Dernière manifestation de cette aspiration : la firme a dévoilé lors de sa récente conférence I/O 2021 une fonctionnalité potentielle à venir des caméras de smartphone, la dermatoscopie.

Publication dans Nature

L’outil développé par l’entreprise américaine, qui repose comme souvent sur le machine learning, serait capable d’identifier 288 affections de la peau et notamment de détecter les mélanomes. « Nous avons développé et perfectionné notre modèle à l’aide de données anonymisées comprenant environ 65 000 images et données de cas d’affections cutanées diagnostiquées (…) et ce pour différentes catégories démographiques », décrit sur son blog la firme de Mountain View. Pour l’utiliser, il devrait uniquement suffire de photographier de façon appropriée (et sous trois angles différents grâce à l’assistance du logiciel) les zones affectées de sa peau. L’analyse des images sera par ailleurs complétée par un petit questionnaire sur son profil, ses antécédents, la présence de symptômes associés et sur l’évolution de la lésion. Bien sûr, les réponses rappelleront toujours la nécessité de consulter un dermatologue, mais alors que ces spécialistes sont souvent difficilement accessibles dans un grand nombre de régions du monde, Google ne peut que vanter les bénéfices d’un tel dispositif. La firme promet par ailleurs que la version définitive de son système en cours d’élaboration sera adapté à tous les types de peau, des plus claires au plus sombres. La finalisation et la validation clinique du projet passent également par la publication de plusieurs études scientifiques. La pertinence de l’algorithme a ainsi déjà eu les honneurs de Nature, qui a affirmé que ses performances étaient comparables à celles de dermatologues chevronnés.

https://www.nature.com/nm/volumes/26/issues/6

Aurélie Haroche

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Vos réactions (1)

  • Big brother !

    Le 22 mai 2021

    Bien sûr l'idée est séduisante et pourrait permettre un dépistage large et utile, un triage avant la consultation spécialisée dont on connaît les délais et sans doute sauver des vies...
    Mais l'outil est géré par Google, qui bien entendu n'est pas un bénévole, est très (très) intéressé par nos données médicales et gardera soigneusement les photographies de toutes ces lésions cutanées et bien sûr les informations du questionnaire.
    Connectez-vous, connectez vous, c'est gratuit, mais vos données seront stockées pour des décennies et avec quelle garantie de confidentialité ?

    Dr Christian Cusset

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