Greffes : le cap des 6 000 dépassé en 2017

Paris, le mercredi 13 juin 2018 - Un troisième plan greffe a été déployé en 2017 qui s’est notamment fixé pour objectif de dépasser la barre des 7 800 greffes en 2021. Il s’agit d’un objectif ambitieux alors que 5 891 transplantations étaient réalisées en 2016. Aussi, si les résultats de 2017 sont encourageants, avec 6 105 greffes recensées, l’évolution devra être aussi soutenue, voire plus marquée encore dans les années qui viennent pour espérer atteindre l’objectif fixé.

La greffe à partir de donneurs vivants toujours pas dopée

Les efforts réalisés par la France ces dernières années ont été remarquables : « Il y a eu beaucoup de progrès en 30 ans, puisqu’en 1985, on faisait 1 360 greffes en France », observe notamment le professeur Olivier Bastien, responsable du prélèvement et des greffes d’organes et de tissus à l’Agence de biomédecine. Néanmoins, notre pays accuse encore un net retard par rapport à certains de ses voisins européens, notamment en ce qui concerne la greffe de rein à partir de donneurs vivants. En 2017, le cap de 600 transplantations grâce à un donneur vivant a été franchi. Cependant, la part des interventions réalisées grâce à un donneur vivant ne dépasse toujours pas les 16 %, soit un taux très inférieur à celui constaté dans de nombreux pays européens. La transplantation à partir de donneurs vivants ne progresse pas plus vite que l’activité de greffe en général. Autre point noir qui demeure (en France) : le taux d’opposition demeure assez élevé (30,5 %), même si on note une diminution significative bien que restreinte (le taux était de 33 % en 2016). Peut-être faut-il voir dans cette évolution les effets de la modification de la législation qui tend à renforcer le principe de consentement présumé, mais dont l’application prudente n’a cependant pas (encore) permis de révolution.

La règle du consentement présumé mille fois réexpliquée

Aujourd’hui plus de 57 000 personnes vivent avec un greffon fonctionnel signale l’Agence de biomédecine qui dans le cadre de la dix-huitième journée nationale de réflexion sur le don d’organe et la greffe, prévue le 22 juin, s’apprête à lancer une nouvelle campagne de sensibilisation du grand public qui s’appuiera notamment sur un spot télévisé. Celui-ci  rappellera qu’il n’est pas nécessaire d’avoir une carte de donneur ou de s’inscrire comme donneur et qui réexpliquera le « sens du consentement présumé ». Un large dispositif digital est également prévu.

Aurélie Haroche

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