Hausse importante des tarifs des complémentaires santé

Paris, le jeudi 13 février 2020 – L’association UFC-Que Choisir révèle que les tarifs des complémentaires santé ont connu une augmentation médiane de 5% pour 2020. En cause, la mise en place du "reste à charge" zéro.

« Rien n’est gratuit en ce monde » disait Louis-Ferdinand Céline, médecin de formation. Quand le gouvernement a annoncé, conformément à une promesse de campagne du candidat Macron, la mise en place du reste à charge (RAC) zéro pour les lunettes et les prothèses dentaires et auditives, la question du financement de cette mesure "sociale" s’est immédiatement posée.

Malgré les exhortations de la ministre de la santé Agnès Buzyn auprès des complémentaires santé pour qu’elles n’augmentent pas leurs tarifs, ces dernières ont logiquement fait payer à leur clients la mise en place partielle du RAC zéro depuis le 1er janvier 2020. Selon une étude mené par l’association de consommateurs UFC-Que Choisir sur 498 contrats proposés par 86 complémentaires santés différentes, les cotisations des assurés vont connaitre une augmentation médiane de 5% en 2020 (soit 80 euros par an). Des tarifs qui avaient déjà augmenté de 4% en 2019.

De grande disparités entre les contrats

En novembre dernier, sous la pression du gouvernement, Thierry Baudet, président de la Mutualité Française, structure qui fédère presque toutes les mutuelles françaises, avait pourtant promis que la hausse ne serait que de 3 %. Selon Mathieu Escot, directeur adjoint à UFC, la hausse constatée n’est pas seulement liée à la mis en place du RCA zéro mais correspond également en partie à une hausse structurelle liée au vieillissement de la population.

Cette étude menée par UFC révèle par ailleurs de grandes disparités selon les différents contrats d’assurance. 10 % des assurés interrogés ont ainsi subi une hausse inférieure à 2 % alors que de l’autre côté du spectre, les 10 % les moins bien lotis devront payer des cotisations 12,5 % supérieur. De manière générale, les mutuelles (4,6 % d’augmentation) sont un peu moins inflationnistes que les sociétés d’assurance (4,9 %) ou les institutions de prévoyance (9 %).

Faire jouer la concurrence

Pour freiner cette augmentation qui grève le budget des ménages, UFC demande au gouvernement d’accélérer la mise en place du droit pour les assurés de résilier leur contrat à tout moment sans frais (après une première année d’engagement) et non seulement à l’anniversaire de la souscription, comme c’est le cas aujourd’hui. La mesure, adoptée en juillet 2019 pour améliorer le pouvoir d'achat des Français après la crise des gilets jaunes, attend toujours son décret d’application, au plus tard pour le 1er décembre 2020.

Pour l'UFC, cette réforme permettra aux assurés de jouer un rôle de « régulateur du marché » et ainsi conduire à une baisse des tarifs. Donc, rien de tel que la concurrence et le marché pour financer une mesure sociale !

QH

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