Hépatite C : tous les médecins et toutes les pharmacies doivent participer à son élimination

Paris, le jeudi 15 mars 2018 – Un antiviral à action directe (AAD), le Marivet, indiqué dans le traitement de l’hépatite C est disponible en pharmacie d’officine depuis quelques jours. Cette innovation représente une promesse d’amélioration de l’accès aux soins des patients. Mais pour l’Association française des hépatologues (AFEF) afin que les AAD puissent accomplir leur promesse d’une élimination du VHC, il est nécessaire d’aller plus loin.

L’implication de tous essentielle pour atteindre l’éradication

Si les conditions de l’initiation d’un traitement par AAD se sont assouplies (la tenue d’une réunion de concertation pluridisciplinaire ne concerne désormais plus que certains patients), une prescription hospitalière par un médecin spécialiste (hépato-gastro-entérologue, interniste, infectiologue) demeure toujours obligatoire. Par ailleurs, la majorité des traitements continue à ne pouvoir être délivrée que par les pharmacies hospitalières. L’AFEF considère en se basant sur différents exemples étrangers qu’il est désormais nécessaire de faire évoluer ce dispositif. « L’AFEF recommande la mise en place d’un parcours de soins simplifié permettant une prise en charge de proximité des patients infectés par le VHC » indique l’organisation dans un communiqué publié hier. Ainsi, souhaite-t-elle que les patients puissent être pris en charge par « l’ensemble des médecins » et que la dispensation en officine soit pleinement assurée. « A l’étranger, l’expérience de prescription du traitement antiviral par tous les médecins a montré une augmentation significative du nombre de patients traités (…). Seuls l’implication de l’ensemble des professionnels de santé dans le parcours de soins du patient infecté par le VHC, le dépistage de chaque adulte au moins une fois dans sa vie et une politique de réduction des risques de nouvelles infections permettront d’espérer une élimination du VHC avant 2025 » affirme le secrétaire général de l’AFEF, le professeur Christophe Bureau.

Dynamiser le dépistage

Facilitant l’accès au traitement, l’élargissement de l’initiation du traitement à tous les médecins et de sa délivrance à toutes les pharmacies contribuerait également à renforcer le dynamisme de l’activité de dépistage. La perspective d’une prise en charge nécessairement hospitalière pourrait en effet avoir tendance à dissuader les patients de se soumettre à un dépistage et à éloigner les praticiens libéraux de cette activité. S’ils ont un rôle direct à jouer dans la prise en charge du malade en cas de résultat positif, les médecins seront nécessairement davantage impliqués ; ce qui est essentiel alors que l’on estime encore que 75 000 personnes sont porteuses du VHC sans le savoir.

Néanmoins, l’AFEF évoque quelques limites : « En cas de co-infection VHB et/ou VHC, d’insuffisance rénale sévère, de comorbidité mal contrôlée, de traitement antiviral antérieur ou de suspicion de maladie hépatique sévère, le  recours au parcours spécialiste est nécessaire » signale-t-elle.

A propos du dépistage, l’organisation plaide également pour la prise en charge à 100 % de tous les tests. Reste à savoir si les pouvoirs publics qui ont été si longs à organiser un accès universel aux traitements (d’abord réservés au cas les plus graves) suivront ces préconisations.

Aurélie Haroche

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