Hépatite E en France : les 6 points clés en 2019 !

L’infection par le virus E représente la première cause d’hépatite aiguë virale en France. Au cours de ces dernières années, le nombre de cas d’hépatite E a explosé : il est passé de 9 cas en 2012 à 2 292 cas en 2016. Pendant cette même période, le nombre de patients hospitalisés pour cette infection a également fortement augmenté, de 57 à 653. Ainsi, le diagnostic d’hépatite E est de plus en plus fréquemment posé avec de plus en plus souvent une hospitalisation à la clé. Ces chiffres s’expliquent en partie car cette maladie est mieux connue et donc plus souvent dépistée par des tests sérologiques désormais très fiables chez l’immunocompétent.

En France, la séroprévalence de l’hépatite E est de 22,4 % chez les donneurs de sang (Ac IgG + contre l’hépatite E). Ce taux de séroprévalence fait partie des plus élevés au monde.

L’hépatite E se transmet classiquement en France suite à la consommation de viande de porc insuffisamment cuite. Il existe aussi un risque transfusionnel. Un produit sanguin sur 2 200 contient le virus de l’hépatite E. Mais, selon les données les plus récentes, ce serait plutôt 1 produit sur 10. Il existe donc un risque de transmettre l’hépatite E en cas de transfusion. Mais l’hépatite E étant asymptomatique dans 95 % des cas, et la mortalité des formes symptomatiques étant de 3 % (hépatite aiguë grave sans jamais de forme chronique), le risque transfusionnel et d’avoir des conséquences de cette contamination est faible.

Le dépistage de cette infection est systématique dans certains pays comme l’Irlande, l’Angleterre, les Pays-Bas ou la Suisse. En France, le dépistage est sélectif et ciblé sur le plasma frais congelé destiné à des patients immunodéprimés.

La séroprévalence en France varie selon les régions : elle est  très élevée en Ariège (70 %) suggérant que la consommation de porc n’explique pas tout. Le filtrage des eaux pourrait avoir un rôle. Une étude a en effet montré que la séroprévalence était plus faible chez les personnes ne consommant que de l’eau en bouteille.

Coté traitement, Il existe un vaccin très efficace disponible en Chine mais pas en France.

Dr Isabelle Birden

Référence
Point presse. Présentation des JFHOD 2019 par le Pr Jean-Marie Péron.

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