Herpangine et syndrome pieds mains bouche, certains virus sont plus souvent incriminés

Les entérovirus (EV) non poliomyélitiques provoquent des maladies fébriles pédiatriques partout dans le monde. L’herpangine (HA) est caractérisée par des vésicules de l’oropharynx et du palais. Au cours du syndrome pieds, mains, bouche (SPMB), les lésions s’étendent aux extrémités.

Ces maladies sont habituellement bénignes. Les coxsackies en sont les agents les plus fréquents. Cependant, des complications neurologiques et cardiopulmonaires peuvent survenir très rarement, particulièrement liées à l’EV A71 et au coxsackie A16 (CV-A16). En Asie du Sud-Est, ces infections sont plus fréquentes et prennent une extension épidémique.

A Taiwan, le système d’assurance universel enregistre tous les diagnostics des consultations externes et des urgences selon la classification internationale. Un réseau de praticiens sentinelles recueille 2 à 5 échantillons de gorge au cours des syndromes grippaux et de ceux évocateurs d’infection à EV. Les méthodes de détection sont standardisées dans des laboratoires agréés.

Utilité d’un réseau de surveillance

Entre 2000 et 2015, plus de 4 millions de HA et 1,2 million de SPMB avant 20 ans ont été enregistrés et environ 100 000 prélèvements effectués 0 à 6 jours après ont été reliés aux diagnostics dont 15 000 HA et 7 000 SPMB. Au cours des SPMB, le taux de détection des EV a été de 48 %, constant au cours de la plupart des saisons et il s’agissait de façon prédominante des EV-A71 (40 %) et CV-A16 (34 %). Le taux en cas de HA était de peu inférieur (43 %) avec seulement 13 % d’EV-A71 et CV-A16 ; ce taux dépendait fortement de l’incidence d’HA (P < 10-12). Ces infections à EV étaient nettement plus fréquentes pour les 3 à 5 ans, en parallèle avec l’incidence des SPMB et des HA. Pour les autres tableaux cliniques, les prélèvements n’étaient pas dominés par un sous-type d’EV (≤ 16 % pour chacun). Par rapport à la seule prise en compte des données pour les SPMB, inclure les informations sur l’HA avait prédit en 2011 un début plus précoce de l’épidémie d’infections à EV-A71 et la survenue de 30 % cas supplémentaires d’infections à EV-A71.

Ce travail épidémiologique est le premier à donner une représentation des virus les plus fréquemment incriminés dans l’herpangine et le syndrome pieds mains bouche ; il montre que la surveillance des prélèvements permet de prévoir les poussées infectieuses.

Pr Jean-Jacques Baudon

Référence
Yang TYO et coll. : Comparison of nonpolio enteroviruses in children with herpangina and hand, foot and mouth in Taiwan. Pediatr Infect Dis J., 2019; 38: 887-893.

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