Hospitalisation pour infection à VRS : quels enfants ?

Les infections respiratoires sont une cause majeure d’hospitalisations avant 5 ans. Le virus respiratoire syncitial est l’agent responsable de 80 % des infections virales en particulier durant les premiers mois de vie. La fréquence ne parait pas avoir diminué. Presque tous les enfants de moins de 2 ans ont été en contact avec le VRS. Le palivizumab à titre préventif est administré mensuellement aux prématurés de moins de 35 semaines, âgés de moins de 6 mois au début de la période épidémique, et aux enfants à risque.

Les pédiatres de l’hôpital universitaire de Graz (Autriche) ont revu les dossiers des sujets de moins de 20 ans admis de 2009 à 2015 pour infection à VRS démontrée par prélèvement naso-pharyngé, à l’exclusion des formes nosocomiales et des autres causes. Au total, 745 cas ont été recensés ; 114 (15 %) étaient nés prématurés : 78 (68 %) entre 33 et 36 semaines, 27 (24 %) entre 29 et 32,9 SA et 9 (8 %) ≤ 28 SA ; 2 avaient une dysplasie broncho-pulmonaire. Les autres facteurs de risque principaux étaient une cardiopathie (n = 22, 3 %), un handicap neurologique (n = 26, 3,5 %). La grande majorité des enfants (96 %) avaient moins de 2 ans et même 61 % moins de 12 mois, 75 (10 %) moins d’un mois ; 45 (6 %) étaient issus de naissances multiples, 80 % avaient une fratrie, 76 % étaient dans un logement surpeuplé. Près de la moitié des nourrissons (44 %) étaient nés durant les 3 premiers mois de la saison épidémique.

Prématurité et comorbidités, principaux facteurs de risque de gravité

La bronchiolite était le tableau clinique le plus fréquent (78 % des cas), les autres avaient un diagnostic de bronchopneumonie, laryngite et myocardite (1 cas). La durée médiane d’hospitalisation a été de 3 jours ; 120 enfants (16 %) ont été admis en soins intensifs et deux (0,27 %), de 15 et 20 ans, lourdement handicapés sont décédés. Les facteurs de gravité étaient l’âge ≤ 2 mois, une comorbidité et une co-infection, présente dans 37 cas (5 %) dont influenza (13 cas), adénovirus (10 cas) et rhinovirus (9 cas). L’âge supérieur à 2 ans (n = 31) était également un facteur de gravité en comparaison des enfants plus jeunes (n = 714) : durée d’hospitalisation (11 jours vs 7,6 j, P < 0,001), durée d’oxygénothérapie (9,1 jours vs 5,1 j, P = 0,002), taux d’admission en soins intensifs (29 % vs 16 %, P = 0,023). Ces différences s’expliquaient par les antécédents de prématurité (26 % vs 15 %, P=0,049), dysplasie broncho-pulmonaire (3,2 % vs 0,14 % P = 0,001), cardiopathies (13 % vs 2,5 % P < 0,001), handicaps neurologiques (13 % vs 3,1 % P = 0,002), mucoviscidose (2 cas). Une réinfection avec réhospitalisation a été observée chez 14 nourrissons dont l’un à 2 reprises ; 10 enfants avaient des comorbidités.

En conclusion, les hospitalisations pour infection à virus respiratoire syncitial sont favorisées par la prématurité et les comorbidités. Les co-infections virales constituent un facteur de gravité.

Pr Jean-Jacques Baudon

Référence
Resch B et coll. : Epidemiology of respiratory syncitial virus-related hospitalizations and the influence of viral coinfections in Southern Austria in a 7-year period. Pediatr Infect Dis J 2020;39:12-16

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