Hyperactivité de l’enfant : les colorants et additifs alimentaires mis en examen

Les effets délétères potentiels des colorants alimentaires artificiels et autres additifs alimentaires sur le comportement des enfants sont suggérés depuis près de 30 années, et ont fait l’objet de publications rapportant notamment une hyperactivité et des troubles de l’attention, chez les jeunes enfants et pour des mélanges spécifiques d’additifs alimentaires. Des auteurs britanniques ont cherché à  détecter ces effets défavorables chez les jeunes enfants, âgés de 3 ans, et chez des enfants plus âgés, de 8-9 ans.

Leur étude communautaire, randomisée, en double aveugle contre placebo, a évalué le retentissement de l’absorption de colorants et d’additifs de l’alimentation sur le comportement de 153 enfants âgés de 3 ans, recrutés dans des garderies et des jardins d’enfants de Southampton, et 144 enfants âgés de 8-9 ans scolarisés dans des écoles de cette ville. Elle a comparé les effets d’un cocktail test contenant un conservateur, le benzoate de sodium, et  un mélange de colorants, à ceux d’un jus de fruit placebo. Deux sortes de mélanges de colorants ont été étudiés ; l’un (mélange A) associait jaune orangé S, carmoisine, tartrazine, rouge cochenille,  benzoate de sodium ; l’autre (B) contenait : jaune orangé S et carmoisine en quantités plus grandes que dans la boisson A, jaune de quinoléine, rouge allura, et benzoate de sodium.

Les doses des mélanges A et B proposées aux enfants de 3 ans contenaient des quantités de colorants  identiques à celles de deux paquets de bonbons de 56 g; les doses proposées aux enfants plus âgés (8-9 ans), étaient égales à celles de deux paquets de 56 g de bonbons/j pour le mélange A, de près de 4 paquets/j pour le mélange B.

Un score de comportement reposant sur l’évaluation d’une vaste gamme de degrés d’hyperactivité, d’impulsivité, de troubles de l’attention, a été établi, à partir des données des maîtres d’école et des parents, et comptait en outre, pour les 8-9 ans, un test informatisé d’attention.

En comparaison du placebo, le mélange A est apparu avoir un effet significativement indésirable d’augmentation du niveau d’hyperactivité chez tous les enfants âgés de 3 ans, et ce résultat persistait lorsque l’analyse était restreinte aux enfants de 3 ans ayant consommé plus de 85 % de la boisson proposée, pour lesquels les données recueillies étaient complètes. Le mélange B n’a pas provoqué cet effet. Chez les 8-9 ans, un impact indésirable du cocktail A a été observé lorsque l’analyse était restreinte aux enfants ayant consommé au moins 85 % de la boisson proposée, dont l’évaluation ne comportait pas de lacunes de données, avec un impact, dans cette tranche d’âge, moins fort que chez les 3 ans.

Cette étude, communautaire, conduite à la demande de la Food Standard Agency britannique, met en évidence, sans impact significatif des facteurs socio-démographiques sur les niveaux initiaux d’hyperactivité, un accroissement de l’hyperactivité de l’enfant, approchant d’environ 10 % le niveau de l’hyperactivité infantile.
Les colorants artificiels, le conservateur alimentaire utilisé (benzoate de sodium), ou la combinaison des deux  sont-ils en cause ? Les auteurs mettent l’accent sur les implications de ces observations en terme de réglementation.  L’Autorité européenne de sécurité alimentaire est chargée de l’enquête.

Dr Claudine Goldgewicht

Référence
McCann et coll. : “Food additives and hyperactive behaviour in 3-year-old and 8/9-year-old children in the community : a randomised, double-blinded, placebo-controlled trial.” Lancet, publication avancée en ligne, 6 septembre 2007.

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