Hyperpigmentation post-inflammatoire de l'acné

L'hyperpigmentation post-inflammatoire (HPI) est une séquelle à court terme courante de l'acné qui peut avoir un impact négatif significatif sur l'image de soi et sur la qualité de vie. Comme cela a été souligné en présentation orale, elle peut affecter tous les types de peau, mais s'avère plus fréquente chez les noirs, les hispaniques et les asiatiques. Une étude menée à Singapour a montré que l'HPI avait tendance à être plus répandue chez les Asiatiques à la peau plus foncée tels que les Malais et les Indiens que chez ceux à la peau plus claire tels que les Chinois, ce qui suggère que le degré de pigmentation plutôt que l'origine ethnique sont des facteurs contributifs.

Cette hyperpigmentation résulte d'une inflammation avec surproduction de mélanine consécutive à tout type d'altération cutanée (acné, dermatite et même blessure traumatique) et peut concerner les différentes couches cutanées. L'inflammation peut également provoquer la destruction des kératinocytes basaux, ce qui entraîne une accumulation de pigments à l’endroit de la blessure. Les anomalies de coloration liées à l'HPI en relation avec l'acné durent souvent plus longtemps que les lésions acnéiques elles-mêmes. L’hyperpigmentation épidermique peut durer jusqu’à 6 à 12 mois et celle du derme peut se prolonger durant des années.

La prévention est la meilleure arme dans le cas de l'HPI liée à l'acné

Éviter le soleil, utiliser un écran solaire approprié et s'astreindre de toute manipulation des lésions acnéiques et de toute manœuvre entrainant une irritation sont donc les principales recommandations à prodiguer pour prévenir ou empêcher l'aggravation de l'HPI.

L'HPI post-acné est souvent spontanément résolutive. Cependant, si l'on veut accélérer le processus, il convient de commencer tôt le traitement. Le traitement de première intention se fait en général par agents dépigmentants topiques tels que des inhibiteurs de la tyrosinase (hydroquinone, acide azélaïque, acide kojique, arbutine et certains extraits de réglisse) qui peuvent effectivement légèrement éclaircir la peau. il est également possible d'essayer les rétinoïdes, le méquinol, l'acide ascorbique, la niacinamide, la N-acétyl glucosamine et le soja. Il faut savoir que les agents topiques utilisés pour traiter les HPI épidermiques ne permettent généralement pas d'éclaircir la pigmentation dermique.

Peeling chimique et laser sont parfois utilisés dans les cas récalcitrants, mais il faut savoir que l'irritation consécutive à ces traitements (laser surtout) peut aggraver une acné existante et renforcer la pigmentation.

Garder également en mémoire que le camouflage cosmétique est une arme utile lorsque l'HPI n'est pas accessible ou ne répond pas aux traitements précédemment mentionnés.

Dr Jean-Claude Lemaire

Référence
Goh CL : Post inflammatory pigmentation in acne: How to prevent and treat. 28e congrès de l’European academy of dermatology and venereology/EADV (Madrid) : 9-13 octobre 2019.

Copyright © http://www.jim.fr

Réagir

Vos réactions

Soyez le premier à réagir !

Les réactions aux articles sont réservées aux professionnels de santé inscrits
Elles ne seront publiées sur le site qu’après modération par la rédaction (avec un délai de quelques heures à 48 heures). Sauf exception, les réactions sont publiées avec la signature de leur auteur.

Réagir à cet article