IL-8 dans le LCR : un possible biomarqueur du syndrome de Guillain-Barré ?

La physiopathologie du syndrome de Guillain-Barré demeure encore indéterminée même s’il existe des arguments en faveur d’un rôle des cytokines inflammatoires dans l’atteinte des nerfs périphériques. Ces arguments ont conduit Agustina Maria Lascano et une équipe du service de neurologie des hôpitaux universitaires de Genève à comparer de manière rétrospective le taux d’interleukine 8 (IL-8) dans le liquide céphalorachidien de patients atteints du syndrome de Guillain-Barré (n = 4) versus d’autres maladies neurologiques tel que la polyradiculonévrite démyélinisante inflammatoire chronique (PIDC).(n = 5), des polyneuropathies non-inflammatoires (n = 4), des migraines (n = 3) et des troubles fonctionnels (n = 6).

Les concentrations moyennes d’IL-8 dans le LCR étaient respectivement de 106 pg/mL (syndrome de Guillain-Barré), 43 pg/mL (PIDC), 53 pg/mL (polyneuropathies non-inflammatoires), 36 pg/mL (migraine) et 28 pg/mL (troubles fonctionnels). Ces résultats sont significatifs (p < 0,05) dans le groupe syndrome de Guillain-Barré vs PIDC (p = 0,003), polyneuropathies (p = 0,02), migraine (p = 0,004) et troubles fonctionnels (p = 0,0001).

Ces résultats (qui devraient être validés dans une cohorte incluant un plus grand nombre de patients) laissent penser que l’IL-8 dans le LCR pourrait être considérée comme un biomarqueur permettant différencier le syndrome de Guillain-Barré des autres polyneuropathies inflammatoires tel que la PIDC.

Dr Chloé Vaneeren

Référence
Lascano A et coll. : IL-8 : un potentiel biomarqueur dans le syndrome du Guillain-Barré. Journées de neurologie de langue française (JNLF) : 16-19 avril 2019.

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