Il faut rechercher des troubles du métabolisme glucidique dans les syndromes d’apnées du sommeil même en l’absence de surpoids

Le syndrome d’apnées du sommeil (SAS) se caractérise par des épisodes répétitifs d’interruption partielle ou complète de la respiration pendant le sommeil. Il en résulte une fragmentation et un manque de sommeil ainsi qu’une hypoxie nocturne intermittente ayant des conséquences métaboliques.

L’objectif de cette étude était de clarifier les liens entre SAS et troubles du métabolisme glucidique. Les données transversales d’une étude réalisée en population générale ont été utilisées. On disposait pour 2 588 personnes d’un enregistrement du sommeil, d’une glycémie à jeun et d’une hyperglycémie provoquée orale (75 gr de glucose). Le SAS a été défini par un index de troubles respiratoires dépassant 10 événements (apnées et hypopnées) par heure de sommeil. L’hyperglycémie à jeun était définie par un taux dépassant 100 mg/ dl tout en restant inférieur à 126 mg/dl. L’intolérance au glucose était définie par une glycémie post charge (2 heures) supérieure à 140 mg/dl sans dépasser 200 mg/dl. Le diabète occulte était défini par une glycémie à jeun dépassant 126 mg/dl et/ou une glycémie post charge dépassant 200 mg/dl.

L’échantillon comportait 56 % de femmes, l’âge moyen était de 67 ans (52 à 96 ans) et 74 % des participants étaient obèses ou en surpoids. Un SAS a été constaté chez 209 personnes ayant un poids normal et chez 1 036 personnes en surpoids ou obèses. La prévalence de l’hyperglycémie à jeun, de l’intolérance au glucose et du diabète occulte était significativement plus élevée chez les personnes ayant un SAS que chez les personnes ne souffrant pas de cette pathologie. Après prise en compte de l’âge, du sexe, de l’IMC, du tour de taille et de l’ethnie, l’association entre les troubles du métabolisme glucidique et le SAS restait significative avec une augmentation du risque allant d’un facteur 1,2 pour l’hyperglycémie à jeun à 1,7 pour le diabète occulte. La force de l’association était similaire qu’il existe ou non un surpoids.

Cette étude met en évidence une association significative entre l’existence d’un syndrome d’apnées du sommeil et les troubles du métabolisme glucidique, justifiant leur recherche systématique même en l’absence de surpoids.

Dr Laurence Du Pasquier

Référence
Seicean S et coll : Sleep-diorrdered breathing and impaired glucose metabolism in normal-weight and overweight/obese individuals : The Sleep Heart Health Study. Diabetes Care 31:1001-1006,2008.

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