Importance des lésions du cervelet dans les séquelles psychomotrices de la grande prématurité

Les nouveau-nés très prématurés, d’âge gestationnel (AG) inférieur à 30 semaines et de poids de naissance au dessous de 1 000 g ont un risque important de séquelles neurologiques qui augmente de façon très significative pour chaque semaine d’AG en moins. Deux types de lésions cérébrales rendent compte de ces séquelles : l’hémorragie intra-ventriculaire (HIV) et la leucomalacie périventriculaire (LPV). Une équipe de Vienne vient  de préciser également l’importance des lésions cérébelleuses.

L’étude rétrospective, cas témoin a porté sur 62 prématurés. D’après les échographies transfontanellaires de surveillance, les lésions cérébrales d’HIV et de LPV ont été classées en grades selon les critères habituels. Un premier groupe de 31 enfants nés entre 24 et 31 semaines d’âge gestationnel (27+/-1,6 SA), de poids moyen de 969+/-212g avait une interruption du développement cérébelleux. Ces enfants ont été appariés avec 31 contrôles sans atteinte cérébelleuse. Le suivi, entre 24 et 36 mois, a porté sur la recherche d’infirmité motrice de type spastique, ataxique ou dyskinétique ou mixte, la survenue d’épilepsie ou de microcéphalie et sur le développement mental. Tous les paramètres ont été côtés pour l’analyse statistique.

Les deux groupes étaient équivalents en terme d’âge gestationnel, sexe, poids de naissance et lésions  d’HIV et de LPV. Les enfants du  groupe I, atteints de lésions cérébelleuses, avaient significativement plus de microcéphalie et d’épilepsie que ceux du groupe contrôle, non expliquées par des différences d’âge gestationnel ou d’étendue des lésions d’HIV ou de LPV. Dans le groupe I, 100 % des enfants avaient une infirmité motrice contre 39 % dans le groupe contrôle. Le pourcentage de type spastique était égal dans les 2 groupes mais les types mixtes spastique dyskinétique ou spastique ataxique n’ont été observés que dans le groupe I. Les scores de développement moteur et mental étaient significativement inférieurs dans le groupe I en comparaison du II, sans corrélation, en cas d’atteinte cérébelleuse, avec le grade de l’HIV.

Au total, le développement cérébelleux paraît un facteur essentiel du pronostic, au même titre que l’âge gestationnel et les lésions supra-tentorielles d’HIV et de LPV. Ce travail illustre l’importance du cervelet pour expliquer l’ataxie et la dystonie. Le cervelet semble jouer un rôle dans l’établissement des schémas moteurs, l’initiation des mouvements et la régulation spatiale et temporelle du contrôle moteur.

Pr Jean-Jacques Baudon

Référence
Messerschmidt A et coll. : Disrupted cerebellar development in preterm infants is associated with impaired neurodevelopmental outcome. Eur J Pedatr 2008;167:1141-47

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