Inefficacité du traitement antihypertenseur : c’est peut-être une mauvaise observance !

Bien que l’on dispose d’antihypertenseurs efficaces, bien tolérés et pouvant être administrés en une seule dose journalière, la mauvaise observance du traitement reste l’une des principales causes du contrôle insuffisant de la pression artérielle, pouvant aboutir à une augmentation du risque cardiovasculaire. L’évaluation de l’observance, réalisée à l’aide d’outils classiques (comptes de comprimés, piluliers, questionnaires, agenda patient, dosage des concentrations plasmatiques des médicaments, etc.) reste cependant très difficile, et retrouve des taux variant de 35 à 97 %.

Afin de caractériser l’observance des traitements antihypertenseurs à prise journalières unique (AHTPJU), une équipe helvético-belge, conduite par B Vrijens, à réalisé une analyse des données électroniques concernant des patients inclus dans des essais cliniques et traités entre 1989 et 2006 par un AHTPJU. Au total, l’analyse a porté sur 4 783 patients, issus de 21 essais de phase IV, suivis en moyenne de 30 à 330 jours et traités par 43 antihypertenseurs différents : inhibiteurs de l’angiotensine II (n = 2 088),  inhibiteurs calciques (n = 937), inhibiteurs l’enzyme de conversion de l’angiotensine (n = 665), bêtabloquants (n = 195) et diurétiques (n = 155).

Les résultats montrent qu’environ la moitié des patients ont interrompu leur traitement dans l’année qui a suivi la prescription. Pendant la période de suivi, parmi les patients encore sous traitement, environ 10 % de la dose prescrite n’ont pas été pris par les patients : 42 % de ces omissions se limitaient à une seule journée et 43 % concernaient une série de plusieurs jours consécutifs (3 ou 4 jours : « les vacances thérapeutiques »). Environ la moitié des sujets ont eu au moins une période de vacances thérapeutiques par an. Enfin, le risque qu’un patient interrompe précocement sont traitement était inversement lié à la conformité de la prise médicamenteuse par le patient.

L’interruption précoce du traitement et le respect non optimal du schéma thérapeutique constituent donc les deux principales facettes d’une mauvaise observance d’un traitement antihypertenseur à prise journalières unique. Le manque d’imprégnation médicamenteuse, qu’entraînent ces insuffisances de prise de traitement, peut expliquer la fréquence élevée du taux de mauvais contrôle de la pression artérielle et la grande variabilité des réponses individuelles par rapport à un médicament donné.

Dr Georges Dubois

Référence
Vrijens B et coll. : Adherence to prescribed antihypertensive drug treatments: longitudinal study of electronically compiled dosing histories. BMJ 2008; 336: 1114-1117.

Copyright © http://www.jim.fr

Réagir

Vos réactions

Soyez le premier à réagir !

Les réactions aux articles sont réservées aux professionnels de santé inscrits
Elles ne seront publiées sur le site qu’après modération par la rédaction (avec un délai de quelques heures à 48 heures). Sauf exception, les réactions sont publiées avec la signature de leur auteur.

Réagir à cet article