Infections pendant l’enfance : quel impact sur la réussite scolaire ?

Les liens entre problèmes de santé et succès scolaires suscitent un intérêt croissant. Et, on le sait, la réussite scolaire dépend de facteurs plus ou moins intriqués liés à l’environnement familial et social. Compte-tenu des difficultés d’évaluation, les risques dus aux infections ont été peu explorés (sauf pour les infections périnatales). Par ailleurs, la possibilité a été évoquée d’infections qui influenceraient le fonctionnement cérébral, de façon subtile, dans le domaine cognitif par le biais des marqueurs inflammatoires.

Afin d’approfondir cette question, des chercheurs danois ont conduit une enquête dont le but était de mesurer l’impact éventuel des infections pendant l’enfance sur la réussite scolaire appréciée en se basant sur le passage en classe de terminale à l’âge de 16/17 ans. Une cohorte prospective a inclus 598 553 enfants nés entre 1987 et 1997.

Les expositions aux infections ont été évaluées en s’appuyant sur les pathologies infectieuses recensées dans le registre national des hospitalisations et sur les agents anti-infectieux inscrits sur le registre national des prescriptions. L’issue de la scolarité a été jugée sur les résultats obtenus aux tests du 9ème grade (98 % des 15-16 ans). Les données ont été interprétées après analyses de régression logistique pour ajustements en fonction des troubles mentaux, du poids de naissance, des scores d’Apgar, des malformations, des maladies somatiques chroniques, du rang de naissance, du niveau d’éducation parentale et des troubles mentaux parentaux.

il en ressort que les enfants hospitalisés pour infection avaient les taux les plus bas d’obtention du 9ème grade : OR [Odds Ratio] = 0,82 (intervalle de confiance à 95 % de 0,79 à 0,85) en comparaison des enfants sans hospitalisation pour infection (indépendamment de son type). Des relations « dose/réponse » ont été observées en fonction du nombre d’hospitalisations pour infection et du temps le plus court depuis la dernière hospitalisation (p < 0,001). Les enfants qui avaient eu 5 hospitalisations ou plus pour infection avaient la probabilité la plus faible d’atteindre le 9ème grade (OR = 0,62 ; IC95 de 0,57 à 0,66). Le fait d’avoir un problème mental ou non ne modifiait pas la relation entre infections et atteinte du 9ème grade. Le traitement d’infections non sévères par des médicaments anti-infectieux n’altérait pas non plus la chance d’atteindre le 9ème grade mais était associé à des résultats moins bons aux tests du 9ème grade (p < 0,001).

En conclusion, les infections, en particulier celles qui nécessitent une hospitalisation, sont associées à des capacités cognitives moindres ultérieures dont témoigne une diminution des succès scolaires. Ces constatations peuvent être expliquées par les jours d’absence de l’école et/ou par des facteurs socio-économiques associés aux susceptibilités aux infections.

Pr Jean-Jacques Baudon

Référence
Köhler-Forsberg O et coll. : Childhood infections and subsequent school achievement among 598,553 Danish children. Pediatr Infect Dis J 2018 ; 37 : 731-737.

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