Influence de l'index de masse corporelle sur le type de chirurgie dans le cancer du rectum et sur le risque de récidives

L'obésité n'est pas sans retentir sur le pronostic vital et fonctionnel de nombreuses maladies parmi lesquelles figurent les cancers digestifs, notamment le cancer du rectum, y compris au stade de la chirurgie et de ses suites. Cette notion est illustrée par une vaste étude transversale dans laquelle ont été inclus 1688 malades atteints d'un tel cancer de stade II ou III. Tous participaient à un essai randomisé post-opératoire destiné à évaluer les effets des traitement associés, tels la radiothérapie et la chimiothérapie par 5 Fluoro Uracile.

Chez les obèses, la résection abdominopérinéale s'est révélée plus fréquente que les sujets de poids normal, l'odds ratio (OR) correspondant étant en effet de 1,77 (IC 95 %, 1,27 à 2,46). Après ajustement selon le sexe, l'augmentation de l'embonpoint n'a été associée à une probabilité élevée d'amputation abdominopérinéale que chez les sujets de sexe masculin (p<0,0001), le risque relatif (RR) de récidive locale étant en outre de 1,61 (IC, 1,00 à 2,59) (versus les sujets de poids normal). En revanche, chez les femmes, l'obésité n'est pas associée à une augmentation du risque de récidive locale. Un index de masse corporelle élevé ne permet de prédire la mortalité globale ni chez l'homme, ni chez la femme.

Chez les malades dont le poids corporel est insuffisant, le risque relatif de décès est de 1,43 (IC, 1,08 à 1,89, versus poids normal), alors que celui de récidive locale n'est pas augmenté. Pour ce qui est de la toxicité clinique et biologique de la chimiothérapie, elle s'avère moindre chez les sujets obèses, qu'il s'agisse de la leucopénie de grade 3 ou 4, de la neutropénie, des stomatites ou encore de toutes les autres complications de grade 3 ou 4. C'est la preuve que la posologie actuelle du 5-FU chez l'obèse est adaptée.

Pour se résumer, un IMC élevé dans le contexte d'une chirurgie oncologique pour cancer du rectum, expose à deux risques qui semblent concerner uniquement les sujets de sexe masculin : d'une part, la préservation du sphincter anal est moins probable, d'autre part, l'éventualité d'une récidive locale est plus élevée.

Dr Philippe Tellier


Meyerhardt JA et coll. : "Impact of body mass index on outcomes and treatment-related toxicity in patients with stage II and III rectal cancer : findings from intergroup trial 0114." J Clin Oncol 2004; 22: 648-657. © Copyright 2004 http://www.jim.fr

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