Influence du diabète sur la survie après intervention pour adénocarcinome pancréatique canalaire

L’association entre adénocarcinome pancréatique canalaire (APC) et diabète est connue depuis plus d’un siècle. La prévalence de cette maladie métabolique patente en cas d’APC serait de l’ordre de 40 % selon les données épidémiologiques les plus récentes, celle des troubles de la glycorégulation voisine … de 80 %.

Quelle est la signification pathogénique et pronostique de cette association ? Le diabète est-il un facteur de risque favorisant la survenue d’un APC ? Rien n’est moins sûr, même s’il existe quelques arguments fragiles en faveur de cette dernière hypothèse. Le diabète influe-t-il sur la survie des patients atteints d’un APC et son ancienneté entre-t-il également en ligne de compte ? 

C’est à ces questions que répond une étude de cohorte rétrospective dans laquelle ont été inclus 209 patients opérés d’un APC entre 2000 et 2007. Les observations médicales des participants ont été passées au peigne fin. Les données clinicopathologiques ont été traitées en analyse univariée et multivariée, tandis que la durée de la survie a été évaluée par la méthode de Kaplan-Meier et le modèle de régression de Cox.

Un diabète préexistant  récent (< 24 mois) ou ancien (≥ 24 mois) a été décelé chez 93 participants (45 %), selon les critères diagnostiques actuels. Trois sous-groupes ont été constitués en fonction de l’ancienneté du diabète : 1) chronique (n=35) ; 2) récent (n=55) ; 3) non précisé (n= 3). Chez les diabétiques, l’âge moyen s’est avéré supérieur à celui des non diabétiques, soit  66 ± 9 ans versus  63 ± 12 ans, p = 0,06). Il en a été de même pour la prévalence des co-morbidités préopératoires (64,5 %, versus 25,9 %, p < 0,001) et la taille de la tumeur pancréatique  (3,8 ± 1,7  versus 3,2 ± 1,5 cm, p = 0,003).

Une analyse univariée par régression logistique a révélé qu’une tumeur de taille ≥ 3,0 cm était associée à l’existence d’un diabète, quelle que soit son ancienneté, indépendamment des autres facteurs, l’odds ratio (OR) dans ce cas étant estimé à 3,60. Il a été de même pour le diabète récent (OR, 3,69). La durée médiane de la survie a été de 15 mois chez les diabétiques, versus 17 mois chez les non diabétiques (p=0,015).

L’analyse multivariée avec prise en compte de certaines variables pronostiques (âge, co-morbidités et taille de la tumeur) a, pour sa part, révélé une association significative entre l’existence d’un diabète préopératoire et la diminution de la survie, l’OR correspondant étant estimé à 1,55, ceci indépendamment des autres variables. L’OR a été estimé à 1,75 en cas de diabète d’installation récente et à 1,30 en cas de diabète ancien.

Chez les patients atteints d’un adénocarcinome pancréatique canalaire traité par résection chirurgicale, un diabète préexistant semble réduire quelque peu la survie à long terme.

Dr Philippe Tellier

Référence
Chu CK et coll. : Preoperative Diabetes Mellitus and Long-Term Survival After Resection of Pancreatic Adenocarcinoma. Ann Surg Oncol 2010 ;17 : 502-13.

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