JAVELIN Bladder 100 pose la candidature de l’avelumab en première ligne de maintenance des cancers urothéliaux

Le cancer de la vessie, représenté le plus souvent par des carcinomes urothéliaux est le 6ème cancer le plus fréquent, à l’origine de 200 000 décès/an dans le monde. A un stade avancé de la maladie, le traitement de référence est une chimiothérapie à base de platine, ce qui offre un contrôle correct de l’évolution du cancer (65-75 %). Cependant, la survie sans progression (SSP) et la survie globale (SG) sont courtes du fait du développement de chimiorésistances. Les inhibiteurs de PD-L1/PD1 tels que l’avelumab sont le traitement de référence en deuxième ligne après progression sous chimiothérapie à base de platine, mais 25-55 % seulement des patients bénéficient de ce traitement et seule une minorité obtient un bénéfice clinique durable.

Dans ce contexte, l’étude JAVELIN Bladder 100 (phase III, randomisée, ouverte) s’est focalisée sur l’efficacité et la sécurité de l’avelumab en traitement de maintenance chez des patients qui n’ont pas présenté de progression de leur cancer utothélial après une ligne de chimiothérapie. Les résultats intermédiares de cette étude ont été présentés lors de l’ASCO 2020 par Dr Thomas Powles (Londres).

Amélioration de la survie globale indépendamment du statut PD-L1

En pratique, 700 patients avec un cancer urothélial localement avancé inopérable ou métastatique en réponse complète, partielle ou avec stabilisation de la maladie après 4-6 cycles d’un dérivé du platine associé à de la gemcitabine ont reçu les meilleurs soins palliatifs sans (n=350) ou avec (n=350) de l’avelumab (10mg/kg toutes les deux semaines). Le critère principal d’évaluation était la survie globale dans la population générale et chez les patients exprimant PD-L1. Les objectifs secondaires de l’étude étaient la SSP, le taux de réponse objective, la sécurité, la tolérance et les symptômes présentés par le patient.

La survie globale a été significativement améliorée sous avelumab en comparaison au groupe contrôle : 21,4 mois contre 14,3 mois, respectivement (HR=0,69, p<0,001). Le pourcentage de patients toujours en vie étant respectivement de : 71 % et 58 % à 1 an et de 61 % et 44 % à 18 mois. Tous les sous-groupes prédéfinis ont bénéficié de l’ajout d’avelumab. La SSP a également été en faveur du bras avelumab avec une durée médiane de 3,7 mois contre 2,0 mois pour le groupe contrôle (HR=0,62, p<0,001). Les auteurs de l’étude JAVELIN Bladder 100 concluent que le critère primaire d’évaluation, à savoir une survie globale significativement meilleure sous avelumab, a été confirmé et ce dans la population globale mais également dans la population exprimant PD-L1. Cette supériorité s’est traduite dans tous les sous-groupes, quel que soit le dérivé de platine proposé précédemment et qu’il y ait eu réponse ou simple stabilisation de la maladie avec la chimiothérapie d’induction.

Le profil de tolérance de l’avelumab en traitement de maintenance après une première ligne de chimiothérapie est superposable à de précédents essais évaluant cette molécule en mobothérapie.

Dr Dominique-Jean Bouilliez

Référence
Powles T et coll. : Phase III interim analysis examining maintenance treatment with the immunotherapy avelumab after platinum-based first-line chemotherapy in advanced bladder cancer. Congrès annuel de la Société Américaine d’Oncologie Clinique (virtuel) : 29-31 mai 2020.

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