Je ne suis pas en latex, mes ventes se font surtout en Afrique et je coûte entre 30 et 50 cents, qui suis-je ?

Paris, le samedi 7 septembre 2019 – Quand le docteur Lasse Hessel, bien que mondialement connu pour son journal en bande dessinée le Family doctor où il racontait de façon humoristique ses différentes expériences de médecin généraliste présente le Femidom, beaucoup se montrent circonspects. On ne prédit guère un grand avenir à un produit qui impose de renverser de nombreux codes dans les relations entre les hommes et les femmes, à une époque où même si les femmes ont acquis de nouveaux droits, de nombreux archaïsmes persistent, notamment en dehors du monde occidental. Mais le docteur Lasse Hessel est convaincu que son dispositif peut-être une réponse à la vulnérabilité des femmes et continue sans relâche à le présenter aux instances internationales.

Un investissement parfaitement rentable

Sa détermination lui vaut de voir son dispositif approuvé par les autorités européennes puis par la FDA en 1993. Cependant, en dépit de la progression meurtrière de l’épidémie de Sida, son produit demeure confidentiel. Il faudra que la Female Health Company (FHC), une entreprise sociétale américaine, découvre l’invention de Lasse Hessel pour qu’il sorte de sa relative clandestinité. Aujourd’hui, la FHC vend entre 40 millions et 100 millions d’unités par an, tandis que pendant longtemps seule sur le marché, elle est désormais concurrencée par d’autres entreprises qui ont bientôt observé avec un regard différent le Femidom. Ainsi le PDG de la firme indienne Cupid (!) explique : « Nous avons décidé de faire un pari commercial et de risquer certains financements. Sept ans plus tard, c’est un succès, car nous avons répondu à la demande des femmes de disposer d’un produit abordable et nous sommes assez rentables : nous récupérons pleinement l’investissement que nous avons effectué », détaille Om Garg.

Encore des efforts à faire

Après avoir reçu plusieurs distinctions reconnaissant son rôle majeur, le Femidom est principalement commercialisé en Afrique. En nitrile (et non en latex), il séduit des jeunes femmes qui peinent à imposer le préservatif à leurs partenaires et qui souhaitent pourtant se prémunir des risques infectieux. Cependant, si les commandes sont toujours plus importantes et si selon l’institut Kenneth Research cité par le Monde la croissance du marché devrait être de 15,5 % entre 2017 et 2023, « l’approvisionnement en préservatifs féminins n’est pas toujours accessible ou abordable, ce qui entrave les efforts visant à promouvoir leur utilisation », regrette un centre d’expertise sur la santé et les droits sexuels et reproductifs. Il y a quelques mois cependant, le préservatif féminin a perdu son plus grand défenseur : Lasse Hessel est mort au Danemark à 69 ans.

Léa Crébat

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