L'Aquarius sera-t-il un nouvel Exodus ?

Paris, le mardi 12 juin 2018 – Au petit matin, l’offre généreuse de l’Espagne de permettre le débarquement à Valence des 629 migrants à bord de l’Aquarius a suscité un certain soulagement. Mais il ne pouvait être que superficiel et amer. D’abord, parce que cette solution de recours ne peut être une réponse de fond à l’immobilisme de l’Union européenne et à la détresse des pays qui, comme la Grèce et l'Italie, depuis des années sont confrontés seuls à l’arrivée des migrants sur leurs côtes. Ensuite, concernant spécifiquement les 629 rescapés à bord de l’Aquarius, parce que cet accueil de l’Espagne signifie une nouvelle traversée de quatre jours, « dans des conditions météorologiques se détériorant » déplore Médecins sans frontières (MSF).

Extrême vulnérabilité

Or, l’organisation humanitaire considère que plusieurs passagers pourraient supporter difficilement ces journées supplémentaires. Pour l’heure, « la situation médicale à bord reste calme » rassure le docteur David Beversluis à bord de l’Aquarius. Néanmoins, plusieurs éléments inquiètent. MSF rappelle ainsi que d’une manière générale, les capacités du bateau de sauvetage sont largement dépassées. Par ailleurs, la plupart des personnes secourues connaissent un niveau d’anxiété majeur et sont très vulnérables, notamment les femmes enceintes. Il existe en outre plusieurs cas particuliers incitant à la vigilance. Ainsi, MSF évoque « plusieurs cas critiques de noyade et d'hypothermie dont certains ont été réanimés. Ces patients sont surveillés de près. De nombreuses personnes secourues ont inhalé de l'eau de mer et risquent de développer une maladie pulmonaire dans les prochains jours. 21 patients ont par ailleurs subi de graves brûlures après avoir été exposés à un mélange toxique d'eau de mer et de carburant pendant une période prolongée. Leur état est stable mais ils auront besoin de soins en continu et de renouvellement de leurs pansements au cours des jours et des semaines à venir. Enfin, plusieurs cas graves de traumatisme sont à signaler, dont certains  nécessitent une évaluation et une prise en charge chirurgicale immédiate que MSF n'est pas en mesure de réaliser sur le navire ».

Face à ces différents cas, MSF dessine une solution différente de celle proposée par l’Espagne. L’association espère l’accord d’un pays proche pour un débarquement immédiat (dans la journée) avant l’acheminement des rescapés par la route en Espagne. Pour l’heure cette proposition qui répondrait mieux au souci humanitaire qui anime les responsables de l’Aquarius n’a pas trouvé de réponse.

A.H.

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Vos réactions (2)

  • Comparaison douteuse

    Le 12 juin 2018

    J'ai un doute ! Otez le moi !
    Comparez l'Aquarius à l'Exodus a quelque chose de malvenu et presque d'insultant, car toutes proportions prises, comparer le navire qui va devenir un symbole de la création de l'état d'Israël à ce rafiot "gavé" de "migrants est une lecture des plus hasardeuse !
    J'espère juste que l'issue sera différente bien que je craigne les conséquences de ce "multi-culturalisme débridé" et irresponsable !
    Quand la politique n'est plus que "comm", démagogie et populisme avant l'heure, je crains que les heures sombres s'annoncent alors que nous avions rêvé de les repousser !
    Je suis bien placé et au plus prêt pour "avertir" que des "Aquarius" sont en préparation et que les pires sont à venir !

    Gilles Dupont

  • Rien à voir...

    Le 13 juin 2018

    ...sauf que les 2 groupes sont transportés par bateau. Les premier est rempli de migrants africains à la recherche d'une vie meilleure. Les autres, juste après la fin de la seconde guerre mondiale, avaient le projet politique de s'implanter en Palestine, mus par des théorisations sionistes et d'y occuper des terres, prise aux habitants d'alors, voir de créer un état. On connaît la suite !

    Dr Virgile Woringer

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