La Chine entre prudence et triomphalisme

Pékin, le vendredi 18 septembre 2020 – Une semaine après avoir annoncé en grande pompe sa victoire sur l’épidémie, le gouvernement chinois a confiné la ville de Ruili. Des résurgences de l’épidémie sont observées un peu partout dans le monde, comme en Indonésie ou au Canada.

Trois cas positifs. C’est tout ce qu’il aura fallu aux autorités chinoises pour prendre ce mardi une décision drastique, celle de confiner l’intégralité de la population de Ruili, ville de 210 000 habitants située à la frontière avec la Birmanie. Tous les commerces non-essentiels seront fermés jusqu’à nouvel ordre tandis que les habitants devront rester chez eux. Un dépistage intégral de la population sera mis en place. Les autorités locales ont également annoncé vouloir sévir contre les immigrés birmans illégaux, responsables désignés de ce foyer infectieux.

Pékin proclame sa victoire

Ce confinement contraste avec le triomphalisme affiché lors de la célébration en grandes pompes à Pekin le 8 septembre dernier de la victoire de la Chine dans la « guerre du peuple contre le coronavirus ». Lors des célébrations qui se sont tenues au Grand palais du peuple, les dirigeants du Parti Communiste chinois ont fêté les héros de la lutte contre l’épidémie et en premier lieu bien sur le leader Xi Jinping, dont le discours d’une heure et demi (!) a occupé la moitié des célébrations.

Comme aux plus grandes heures de la propagande maoïste, on a notamment pu entendre une victime de l’épidémie expliquer comment « le parti communiste m’a donné une nouvelle vie » et une responsable locale déclarer que « grâce au commandement du secrétaire général, nous nous en sommes sortis plus fort ». Il faut dire que, selon les chiffres officiels, la Chine, berceau de l’épidémie, n’a connu depuis début avril aucun mort et seulement quelques centaines de cas, tous importés selon les autorités. Malgré ces bons résultats, la décision de ce mardi de reconfiner une ville entière prouve que le pays vit encore dans la peur du virus. Le gouvernement a d’ailleurs annoncé que les frontières du pays resteraient fermés jusqu’à nouvel ordre.

Confinement à Jakarta

Plus au sud, en Indonésie, depuis plusieurs semaines l’épidémie continue de gagner du terrain, avec désormais plus de 3 500 contaminations par jour. Le gouvernement a donc décidé de prendre des décisions drastiques pour endiguer l’épidémie. Depuis ce lundi, la capitale Jakarta, mégapole de 10 millions d’habitants, a été placé en confinement pour deux semaines. Une décision qui risque d’être difficile à faire respecter tant de nombreux Indonésiens sont obligés de travailler quotidiennement pour survivre.

Les autorités indonésiennes ont en tout cas une façon bien à elles de faire respecter le port du masque. Un juge indonésien a ainsi condamné huit personnes qui refusaient de porter un masque en public à enterrer des victimes du coronavirus ! Au total, 9 300 Indonésiens sont morts du Covid-19, un bilan humain relativement limité par rapport à la population du pays (268 millions d’habitants).

Inquiétude au Canada

De l’autre coté du monde, l’inquiétude monte également au Canada. Comme de nombreux pays occidentaux, le pays à la feuille d’érable connait, après une accalmie estivale, une augmentation du nombre de contaminations. Plus de 800 Canadiens sont testés positifs au coronavirus chaque jour, contre moins de 400 en août. Ce lundi, le Premier Ministre fédéral Justin Trudeau s’est dit inquiet de l’évolution de l’épidémie tandis que le Premier Ministre de l’Ontario n’a pas exclu un reconfinement de la région. Une situation qui n’a pas empêché plusieurs milliers de manifestants de défiler le week-end dernier à

Montréal contre le port obligatoire du masque.

QH

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