La coqueluche du nourrisson, toujours un danger mortel

Un nourrisson non fébrile qui présente une toux et une rhinite, quoi de plus banal en pratique courante ? Et pourtant, la méfiance est de mise, car il peut s’agir d’une coqueluche. Actuellement, dans les pays développés, les décès dus à la coqueluche ne surviennent plus théoriquement que chez les nourrissons. Le cas-source est à rechercher plutôt dans la famille, chez les parents ou les frères et sœurs adolescents et la transmission se fait souvent parce que le cas-source n’a pas été identifié à temps.

Un diagnostic difficile

Des auteurs états-uniens ont fait le point sur les travaux qu’ils ont menés pour préciser les facteurs de risque de gravité ou de décès liés à la coqueluche. Ils insistent sur le fait que le diagnostic de coqueluche est souvent difficile, mais doit être évoqué devant une toux qui ne s’améliore pas, quelle que soit sa durée, et parfois (mais pas toujours) accompagnée d’apnées, de nausées. Une co-infection avec un virus respiratoire syncytial ou un adénovirus, ou une pneumopathie associée, peuvent compliquer encore le diagnostic. Une hyperleucocytose (> 20 000) avec lymphocytose (>10 000) doivent alerter, d’autant que les chiffres les plus élevés et les modifications les plus rapides de la formule blanche semblent associés à la gravité du tableau clinique et au décès. Celui-ci est la conséquence d’une hypertension pulmonaire irréversible, elle-même secondaire à des agrégats de leucocytes dans les petits vaisseaux pulmonaires.

Le retard au diagnostic et à la mise en route du traitement par macrolides sont les causes principales des décès, d’autant que l’enfant est plus jeune et a un faible poids de naissance. Mais certains actes médicaux peuvent aussi être délétères. La corticothérapie et l’emploi du monoxyde d’azote au cours de l’hospitalisation de l’enfant semblent par exemple associés à un nombre plus élevé de décès. L’exsanguino-transfusion est recommandée dans les cas de coqueluche maligne avec leucocytose majeure, avec, selon les auteurs de l’article, des résultats somme toute variables.

Eloigner les adultes qui toussent et vacciner pendant la grossesse

Pour la prévention de la coqueluche du nourrisson, les auteurs recommandent d’éloigner de l’enfant les grands-parents ou autres adultes présentant une toux ou une rhinorrhée. Si un diagnostic de coqueluche est porté dans l’entourage, une prophylaxie post-exposition est recommandée pour tous les membres de la famille du cas-index, voire toutes les personnes ayant été en contact étroit avec celui-ci. L’azithromycine, l’érythromycine ou le trimétoprime-sulfaméthoxazole sont préconisés, ce dernier étant contre-indiqué avant l’âge de 2 mois.

L’essentiel de la prévention passe toutefois par la vaccination, recommandée pour le nourrisson à partir de 8 semaines. Alors que le cocooning, consistant à vacciner l’entourage du nourrisson, a montré ses limites, de nombreux travaux ont prouvé que la vaccination de la mère par le vaccin acellulaire entre 27 et 36 semaines d’aménorrhée évite la majorité des infections de l’enfant. Des pays de plus en plus nombreux recommandent la vaccination pendant la grossesse, parmi lesquels les États-Unis et l’Angleterre. Pour les auteurs, un taux de vaccination de 100 % des femmes enceintes relèguerait au passé les décès par coqueluche des nourrissons de moins de 2 mois.

Dr Roseline Péluchon

Référence
Cherry J.D. et coll. : The prevention of severe pertussis or pertussis deaths in young infants. Expert Rev Vaccines. 2019; 18(3): 205-208

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