La grève de la faim est-elle devenue le seul moyen d’être écouté pour les soignants ?

Sotteville-Lès-Rouen, le lundi 11 juin 2018 – C’est une victoire, mais une victoire amère. Pour être entendus, les personnels soignants de l’hôpital psychiatrique du Rouvray (l’un des plus grands de France), dans la banlieue de Rouen ont dû se résoudre à faire la grève de la faim pendant près de trois semaines avant d’obtenir (en partie) gain de cause. 

Quand le ministère ouvre les yeux

Ainsi, après deux mois de mobilisation dont 19 jours de grève de la faim pour sept agents, les personnels de l’hôpital psychiatrique ont enfin réussi à obtenir l’attention du ministère de la Santé et de l’agence régionale de santé qui ont fini par dépêcher une délégation pour écouter leurs revendications.  

Les membres du personnel déploraient ainsi, à l’image des salariés de nombreux hôpitaux psychiatriques, des conditions de travail indignes. Ils fustigeaient en particulier l’inadéquation entre l’augmentation rapide du nombre d’hospitalisations (+ 8,4 % entre 2014 et 2016) et celle bien plus lente des recrutements (+ 0,5 % sur la même période).

Le personnel a donc finalement obtenu, après de longues discussions, qui avaient semble-t-il « très mal commencées », la création de trente postes (21 en 2018 et 9 en 2019) sur les 52 exigés. L'accord prévoit également l'ouverture d'une unité pour adolescents ainsi que celle d'une unité hospitalière spécialement aménagée (UHSA) pour prendre en charge des détenus nécessitant des soins psychiatriques en hospitalisation complète.

« Nous sommes satisfaits de cet accord. Thomas, gréviste de la faim depuis 19 jours, est parti à l'hôpital. Les trois autres grévistes sont en train de recommencer doucement à s'alimenter » a indiqué à un correspondant de l'AFP, Sébastien Ascoet, délégué syndical CGT. Il a également précisé que le protocole d'accord avait été voté à l'unanimité lors d'une assemblée générale qui a compté 250 participants.

Soulignons néanmoins, qu’invité par l'AFP à confirmer la création de ces deux unités, le service de communication de l'ARS a indiqué vendredi soir qu'il n'avait « pas l'info » (!). Seul un SMS a signalé qu’il y avait bien eu un accord, sans rentrer dans les détails.

« Aucun de ces moyens ne sera pris à d'autres hôpitaux de la région », a-t-il aussi été précisé.

Frédéric Haroche

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