La HAS recommande la vaccination des nourrissons contre le rotavirus

Paris, le mercredi 13 juillet 2022 - A la lumière de nouvelles données, la HAS (Haute autorité de santé) recommande à nouveau de vacciner les nourrissons de 6 semaines à 6 mois contre les infections à rotavirus. Cette vaccination avait déjà fait partie du calendrier vaccinal entre 2013 et 2015, mais en avait été retirée après la survenue d’effets indésirables graves.

Concernant ces données de sécurité, aucun nouveau signal n’a été mis en évidence depuis 2014 au niveau mondial. Le surrisque d’invagination intestinale aiguë (IIA) ne dépasse pas 6 cas pour 100 000 enfants dans les 7 jours suivant la vaccination. La HAS recommande ainsi une information systématique des parents sur ce risque et surtout leur sensibilisation aux signes cliniques évocateurs à surveiller durant les 7 jours après la vaccination (pleurs inhabituels, refus de s’alimenter ou de boire, vomissements, pâleur, hypotonie, présence de sang dans les selles).

En outre, l’analyse de nouvelles données en vie réelle confirme le « service médical rendu (SMR) important ». Ainsi, dans les pays ayant atteint une couverture vaccinale supérieure à 80% chez les nourrissons, la réduction des hospitalisations dues aux gastro-entérites aiguës dues au rotavirus est importante et varie de 65 à 84%. On observe également une baisse des infections nosocomiales à rotavirus.

Cette immunisation recommandée par la HAS pour tous les nourrissons âgés de 6 semaines à 6 mois pourra se faire soit avec le Rotarix (deux doses à 2 et 3 mois de vie) soit avec le RotaTeq (trois doses à 2, 3 et 4 mois de vie).

Les vaccins sont administrés par voie orale et peuvent être coadministrés avec les autres vaccins du calendrier vaccinal. Il est également recommandé de réaliser le schéma vaccinal complet avec le même vaccin.

« À ce stade, la HAS estime qu’il est prématuré d’envisager de rendre obligatoire cette vaccination » écrit enfin l’institution sanitaire.

Gabriel Poteau

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Vos réactions (1)

  • Spectre de l'invagination intestinale aigue

    Le 15 juillet 2022

    Le sur-risque hypothétique d’invagination intestinale aiguë (IIA) induit par la vaccination antirotavirus à longtemps été un frein. L’implication des rotavirus dans la genèse des IIA a été plus supputée qu’établie.
    Ce sur-risque n’a pas été confirmé lors d’une méta-analyse* récente n’incluant que des études randomisées : ces dernières sont peu propices pour identifier des événements rares.
    Il n’a pas été confirmé en « vie réelle », notamment en Allemagne**, en Inde***.
    Au contraire, l’instauration de la stratégie vaccinale s’est accompagnée de la baisse de l’incidence de ces IIA**.
    Vaccin ou pas, la sensibilisation précoce des familles aux signes cliniques de l’IIA ne peut être qu’un plus.

    *Lu HL et coll . Association Between Rotavirus Vaccination and Risk of Intussusception Among Neonates and Infants: A Systematic Review and Meta-analysis. JAMA Netw Open. 2019 Oct 2;2(10):e1912458. doi: 10.1001/jamanetworkopen.2019.12458
    **Marquis A, Koch J. Impact of Routine Rotavirus Vaccination in Germany: Evaluation Five Years After Its Introduction. Pediatr Infect Dis J. 2020;39(7):e109-e116
    ***Reddy SN et coll. Intussusception after Rotavirus Vaccine Introduction in India. N Engl J Med. 2020 Nov 12;383(20):1932-1940. doi: 10.1056/NEJMoa2002276

    Dr JP Bonnet

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