La justice confirme le maintien en liberté conditionnelle de l’anesthésiste de Besançon

Besançon, le jeudi 13 juin 2019 - La chambre de l’instruction de la cour d’appel de Besançon a rejeté la demande du parquet visant à placer en détention provisoire un anesthésiste mis en examen pour vingt-quatre empoisonnements dont neuf mortels.

Contrôle judiciaire inchangé

« C’était dans notre esprit ce que l’équité mais aussi le droit et la procédure pénale commandaient » a commenté le ténor du barreau Maitre Jean-Yves Le Borgne à l’annonce de la décision de la chambre de l’instruction de Besançon. Ce mercredi, la cour d’appel a confirmé la décision prise par le juge de la liberté et de la détention (JLD) le 16 mai dernier, laissant en liberté sous contrôle judiciaire un anesthésiste mis en examen pour vingt-quatre empoisonnements dont neuf mortels. Cette décision avait été attaquée par le parquet, qui réclame en vain depuis 2017 et la première mise en examen du médecin son placement en détention provisoire.

Les victimes, leurs familles et leurs avocats sont profondément déçus par cette décision. « On est tous déçus parce qu’on attendait autre chose. Quand quelqu’un est soupçonné de vingt-quatre empoisonnements et qu’il reste libre on ne comprend pas pourquoi » s’est désolée Sandra Simard, une des victimes supposées de l’anesthésiste. Selon Maitre Le Borgne, la cour d’appel n’a apporté « aucune modification » au contrôle judiciaire mis en place par le JLD : l’anesthésiste ne peut plus pratiquer la médecine et a l’interdiction de vivre à Besançon et dans sa région.

Des expertises contradictoires

Le médecin est accusé d’avoir, entre 2008 et 2017, empoisonné des poches de perfusion de vingt-quatre patients âgés de 4 à 80 ans afin de provoquer chez eux des arrêts cardiaques au cours de l’opération pour les réanimer et améliorer son prestige auprès de ses collègues. Parmi ces vingt-quatre patients, neuf sont décédés et d’autres ont gardé des séquelles importantes.

Selon le procureur de la République de Besançon, l’anesthésiste est le « dénominateur commun » de tous ces « évènements indésirables graves » (EIG). Mais en l’absence de preuve matérielle irréfutable, la décision finale pourrait notamment se baser sur les expertises psychiatriques du suspect. Des experts qui semblent se contredire, certains affirmant que le mis en cause a le profil d’un « criminel averti », d’un « meurtrier par domination », alors que d’autres ont conclu que le médecin ne présentait aucune « pathologie mentale, tendance à l’affabulation ou caractère de dangerosité ».

Quentin Haroche

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