La kinésithérapie en danger ?

Paris, le mardi 11 septembre 2018 - Jeudi dernier, Pascale Mathieu, présidente de l’Ordre national des masseurs-kinésithérapeutes a rencontré, à Matignon, Guillaume Couillard, le "monsieur santé" d’Édouard Philippe. L’occasion, pour elle, de dresser le tableau d’une profession sinistrée.

Premier cheval de bataille, défendu à l’unisson par Ordre et syndicats, la possibilité donnée, en février, aux chiropracteurs d’effectuer certains actes jusqu’ici exclusivement réservés aux kinésithérapeutes.

Cette nouvelle donne signifierait, selon ses détracteurs, une diminution de la qualité des soins et pourrait marquer le début d’un délitement progressif de la profession de kinésithérapeute. Et, alors que l’Ordre demande au gouvernement de revenir sur cet arrêté, la polémique pourrait être portée devant les tribunaux puisque l’Ordre a été assigné pour dénigrement par l’Association Française des chiropracteurs…

Pascale Mathieu a pu aussi mettre en lumière le problème aigu des quotas en première année, très largement détournés par les formations à l’étranger (un tiers des nouveaux inscrits à l’Ordre en sont issus !), qui peuvent être validées par trois années d’études alors que la kinésithérapie relève du niveau master 2 en France ! Outre une claire inégalité entre les étudiants, la situation ferait, ici aussi, courir des risques pour les patients. 

Rappelons que les syndicats font aussi valoir, depuis plusieurs années,  la pénurie accrue de kinésithérapeutes hospitaliers, dont les postes à pourvoir sont boudés en raison de salaires ridiculement bas…

Espérons, pour ces professionnels, que le premier ministre les écoutera davantage que les infirmiers...

Xavier Bataille

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