La morosité gagne du terrain chez les soignants

Paris, le lundi 5 novembre 2019 – Les enquêtes se suivent, se ressemblent et inquiètent.

Selon une nouvelle étude menée par le spécialiste en études de marché APlusA pour l’application à destination des professionnels de santé, 360 Medics, 66,8 % des 6 956 soignants interrogés (47,7 % d’infirmiers, 17,6 % de médecins et 15 % d’aides-soignants) déclarent éprouver une souffrance physique et/ou morale en lien avec leur activité, contre 58 % l'an dernier. Dans le détail 56,5 % des médecins, 69,1 % des infirmiers et 79,7 % d'aides-soignants sont touchés par ces maux.

Conséquences : 35,6 % des médecins, 24,4 % des aides-soignants et 19,6 % des infirmiers recommandent à leurs proches de ne pas embrasser les mêmes carrières qu’eux et moins d’un tiers de ces professionnels incitent directement leur entourage à les imiter. 

Autre symptôme de ces difficultés : seuls 24,7 % des médecins, 14 % des aides-soignants et 9,2 % des infirmiers estiment que l'exercice va s'améliorer dans les dix prochaines années !

« Depuis trois ans, nous ne cessons de voir le moral des soignants s’effondrer » souligne Grégoire Pigné, oncologue et fondateur de 360 Medics, qui espère, par ces baromètres successifs « médiatiser la souffrance des soignants et (…) tirer la sonnette d’alarme à propos d’un système de santé en déclin ».

Des données qui rappellent l’édifiante enquête de l’association Soins aux Professionnels de Santé (SPS), qui révélait, en 2017, que 40% des médecins disaient connaître un confrère qui a tenté de se suicider.

Une lueur d’espoir persiste néanmoins : 96,5 % des soignants déclarent aimer leur métier.

Xavier Bataille

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Vos réactions (1)

  • Moral et amour du métier

    Le 06 novembre 2019

    Malheureusement l'amour du métier ne règle aucun des problèmes que connait la Santé aujourd'hui...fermeture de lits, réduction de personnels, ambulatoire avec son augmentation évidente de contraintes, urgences débordées dans tous les sens, grève sans effet depuis des mois, et "plan pour l'hôpital" qui se chiffre en argent constant à 1 milliard d’économies réelles...sans compter les salaires bloqués et le gigantesque ras-le-bol que cela a engendré. Le gouvernement a des soucis à se faire et il n'y a rien dans les cartons qu'une xième réorganisation de la pénurie et un saupoudrage là où ça crie le plus fort. LE MEILLEUR SYSTEME DE SANTE DU MONDE...mais c'était quand?

    Dr Astrid Wilk

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