La néphropathie chronique comme facteur de risque de maladie cardiovasculaire

L’insuffisance rénale chronique est devenue un problème de santé publique de par le monde, et les maladies cardiovasculaires sont la première cause de décès chez les patients en insuffisance rénale terminale, avec une mortalité cardiovasculaire de 10 à 30 fois plus élevée qu’en population générale, après stratification selon le sexe, l’ethnie et l’existence d’un diabète. C’est dans ce contexte qu’une vaste étude a été menée à Taiwan afin de préciser la relation entre maladie rénale chronique et maladie cardiovasculaire dans une population chinoise diabétique de type 2, à risque accru de néphropathie diabétique en comparaison des populations diabétiques causasiennes.

L’étude, conduite entre mai 2004 et avril 2005, a porté sur 2 434 patients atteints de diabète de type 2 (1 078 hommes et 1 356 femmes) et ayant une maladie cardiovasculaire documentée (infarctus du myocarde, traitement thrombolytique, angor, anomalies électrocardiographiques,  traitements en cours par vasodilatateurs coronariens, antiagrégants plaquettaires confirmés par un médecin, stent, angoplastie, pontage, angiographie ou scintigraphie myocardiques positives).

Dans cette population, 462 patients (18,9 %) avaient une maladie cardiovasculaire.
Les résultats laissent apparaître, que les patients ayant une maladie cardiovasculaire étaient significativement plus âgés que ceux qui en étaient indemnes (67,8 ± 10 ans versus 61,7 ± 12), avaient plus souvent un indice de masse corporelle augmenté (26,4 ± 3,4 versus 25,7 ± 3,6), des taux de créatinine sérique plus élevés (1,14 ± 0,50 versus 1,04 ± 0,34 mg/dl), un débit de filtration glomérulaire plus bas (65,04 ± 23,04 versus 72,0 ± 20,50 ml/min/1,73 m2) et des taux de HDL-cholestérol plus bas. En revanche, ils ne différaient pas significativement quant aux pressions artérielles systolique et diastolique, aux glycémies à jeun, aux taux d’hémoglobine glyquée, à la cholestérolémie et à la triglycéridémie, et au tabagisme.
Après ajustements sur l’âge, l’IMC, la pression artérielle, l’hémoglobine glyquée, la cholestérolémie, les taux de LDL- et de HDL-cholestérol, et la triglycéridémie, une relation entre fonction rénale et maladie cardiovasculaire est mise en évidence, avec pour facteurs indépendants de risque, chez les hommes :  le taux de créatinine sérique supérieur à 1,5 mg/dl (OR = 2,583 IC à 95 % 1,644-4,059 ; p < 0,001), le débit de filtration glomérulaire inférieur à 60 ml/min/1,73 m2 (OR = 2,307 IC à 95 % 1,606-3,314; p < 0,001), le rapport albuminurie/créatininurie supérieur à 30 mg/g (OR = 1,658 IC à 95 % 1,153-2,384; p = 0,007), tandis que seuls les deux premiers de ces facteurs étaient indépendamment associés, significativement, au risque de maladie cardiovasculaire chez les femmes.

Cette étude transversale montre, dans une population de près de 2 500 patients chinois, diabétiques de type 2, un accroissement significatif de la prévalence des maladies cardiovasculaires en cas de néphropathie diabétique. La prévalence de la néphropathie diabétique tendant à être plus forte en Chine, il s’agit donc d’une population à  haut risque de maladie cardiovasculaire.

Dr Claudine Goldgewicht

Référence
Hsieh M-C et coll. Chronic kidney disease as risk factor for coronary artery disease in Chinese with type 2 diabetes. Am J Nephrol, Publication en ligne 16 novembre 2007.

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