La neurostimulation intracérébrale 2.0

La Neurostimulation intracérébrale chronique a été une avancée spectaculaire pour les Parkinsonologues. Des milliers de communication et d’articles en ont précisé les indications et essayé d’expliquer le mode d’action. Cependant, il faudrait optimiser cette thérapeutique car elle reste  sous utilisée et il existe des problèmes techniques. Ainsi, il peut être nécessaire de repositionner l’électrode dans un deuxième temps si les résultats cliniques après l’intervention apparaissent décevants. Et maintenant “what is the next step ?”. Cela a été la mission de H. Brown-Stewart (Stanford. USA) que de répondre à cette question en 45 minutes à partir d’une revue des dernières avancées sur la neurostimulation 2.0.

Les chercheurs ont amélioré les électrodes afin, dans un premier temps, de limiter la diffusion aux structures voisines des cibles choisies mais aussi de changer de cible en se basant non plus strictement sur des critères anatomiques mais en fonction de l’impact sur un réseau fonctionnel. Il est ainsi possible de modeler le volume de tissu activé (VTA) et de préciser le réseau impliqué par la structure ciblée en IRM (connectome).

Deux compagnies proposent des systèmes de neurostimulation. Chacun a développé des électrodes avec des approches différentes. La première a mis au point des électrodes avec de multiples plots permettant de diffuser des courants asymétriques et l’autre propose une technique de stimulation “interleaving” autorisant la stimulation de 2 plots de la même électrode avec une amplitude et une durée d’impulsion différentes agissant aussi sur le volume de tissu.

Ces dernières années, on a vu émerger le concept de circuitopathies, considérant que l’expression clinique de nombre de pathologies neurologiques sont la conséquence non pas d'un dysfonctionnement d’un noyau cérébral mais plutôt de la perturbation de réseaux cérébraux se manifestant par des patterns électriques anormaux, voire des oscillations avec comme perspectives thérapeutiques la reprogrammation de ces circuits. Par ailleurs, depuis plusieurs années, on est en droit d’espérer l’arrivée de systèmes de neurostimulation intelligents. Cette stimulation adaptative pourrait moduler l’intensité (voire le pattern de stimulation) en fonction de l’état clinique limitant ainsi les effets indésirables et la consommation de la batterie. Cette dernière est devenue rechargeable depuis quelques années doublant ainsi sa durée de vie. Au terme de cette présentation, nombre d’entre nous ont eu la sensation de rentrer dans une nouvelle ère de la neurostimulation.

Dr Christian Geny

Références
Bronte-Stewart H : redefining neurosurgical indications and intervention for movement disorders.
International Congress of Parkinson's Disease and Movement Disorders (Nice) : 22 au 26 septembre 2019.

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