La pollution atmosphérique augmente la mortalité des transplantés cardiaques !

L’exposition chronique à particules fines d’un diamètre <2,5 μm (PM2,5) induit une activation immune systémique qui serait impliquée dans le mécanisme du rejet des organes solides transplantés. On ignore, cependant, si la pollution atmosphérique joue un rôle dans la mortalité des transplantés cardiaques.

C’est la raison pour laquelle Al-Kindi et coll. ont tenté de déterminer, si, dans les suites d’une transplantation cardiaque, il existait une association entre l’exposition aux PM2,5 et la mortalité.

A partir des données de l’UNOS (United Network for Organ Sharing) ils ont confronté les codes postaux du lieu d’habitation et les registres de décès des patients transplantés entre 2004 et 2015 ; les données ont ensuite été rapprochées de la concentration annuelle en PM2,5.  

Au total, l’étude a porté sur 21 800 patients (âge moyen à la date de la transplantation : 52,6 ± 12,6 ans ; hommes : 75 % ; Blancs : 69 % ; insuffisance cardiaque liée à une cardiopathie ischémique : 39 %).

L’exposition annuelle moyenne aux PM2,5 était de 10,6 ± 2,3 mg/m3 (le seuil considéré comme acceptable par les National Air Quality Standards aux États-Unis est <12,5 mg/m3, encore que, selon des études récentes, des taux moindres peuvent accroître la mortalité.)

Presque un quart de décès sur un suivi moyen de près de 5 ans

Le suivi moyen est de 4,8 ans (2,0 à 7,8 ans) soit 86 713 patient-années.

Au terme du suivi, 5 208 patients étaient décédés (23,9 %).

Le hazard ratio de mortalité a été estimé à 1,43 (intervalle de confiance 95 % : 1,21 à 1,49) pour chaque augmentation annuelle de 10 mg/m3 à l’exposition aux PM2,5.

Cette étude fournit donc des éléments probants qui démontrent l’existence d’un lien entre la pollution atmosphérique et la mortalité dans les suites d’une transplantation cardiaque. Ces résultats suggèrent que les facteurs environnementaux jouent un rôle très important chez les transplantés cardiaques et incitent à promouvoir des études supplémentaires impliquant cette population de patients.

Dr Robert Haïat

Référence
Al-Kindi SG et coll. : Ambient Air Pollution and Mortality After Cardiac Transplantation. J Am Coll Cardiol., 2019;74:3026–35.

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