La psychiatrie privée, au risque de la Covid-19

Si Françoise Dolto proposait une lecture de « L’Évangile au risque de la psychanalyse », des psychiatres d’Australie invitent en somme à une réflexion sur le rôle des psychiatres libéraux au risque de la Covid-19.

En exergue de leur contribution, les auteurs évoquent cette opinion de Winston Churchill sur l’exercice libéral : « Certains considèrent le secteur privé comme un tigre prédateur à abattre. D’autres le voient comme une vache à traire. Seule une poignée le perçoit pour ce qu’il est réellement, le cheval fort et volontaire qui tire toute la charrette. »

Cette crise sanitaire aura mis en évidence le rôle de la psychiatrie privée qui a su proposer une pratique élargie des consultations externes, une offre de téléconsultations médicales et des soins hospitaliers privés continus, en complément des soins du secteur public. Mais malgré l’importance du secteur privé, les auteurs déplorent son aspect « largement négligé » (largely overlooked) en Australie.

Dans un contexte où des recherches ont confirmé la portée et la résilience du secteur privé pour relever le défi de la pandémie, les initiatives de « collaboration entre secteur privé et secteur public pourraient être revitalisées », estiment les auteurs.

Réexaminer les modèles de soins partagés public privé

Même au-delà de la crise sanitaire de la Covid-19, les psychiatres privés sont en effet « essentiels pour les soins psychiatriques ambulatoires et hospitaliers pour des patients atteints de maladies mentales graves comme les troubles affectifs majeurs et ceux liés à l’alcool ou à d’autres substances », en complément des soins fournis par les services publics de santé mentale.

Cette place du secteur libéral est d’autant plus cruciale que –comme la France– l’Australie se trouve confrontée à des défis continus pour la dotation des services publics en personnel psychiatrique.

Pour les auteurs, le réexamen des « modèles de soins partagés public-privé » s’avère donc particulièrement pertinent, de même qu’un soutien accru à la formation continue en psychiatrie dans le secteur privé, sous l’égide d’un programme fédéral de formation spécialisée. En Australie (et ailleurs), la psychiatrie privée devrait être reconnue comme une partie importante de la solution aux lacunes actuelles en matière de soins psychiatriques. 

Aussi nos confrères d’Océanie soulignent-ils l’intérêt d’inclure l’exercice libéral de la psychiatrie dans « la politique et la planification globales » de l’offre de soins en santé mentale.

Dr Alain Cohen

Référence
Looi JCL coll.: How has private psychiatry in Australia responded to the COVID-19 pandemic? Australian & New Zealand Journal of Psychiatry 2022; 56(05): 428–429.

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