La résection transuréthrale doit rester la technique de choix dans l’hypertrophie bénigne de la prostate

La prévalence de l’hypertrophie bénigne de la prostate (HBP) est de 30 % chez les plus de 60 ans et de 40 % chez les plus de 70 ans. La résection transuréthrale (RTU) de la prostate est depuis plusieurs années la technique standard d’ablation endoscopique du tissu prostatique. L’amélioration du matériel optique et de diathermie, ainsi que des procédures d’anesthésie ont beaucoup diminué la morbidité liée à l’intervention. Cependant, la RTU nécessite une certaine dextérité technique, provoque un stress physiologique pouvant altérer la récupération chez certains patients, comporte quelques risques et n’améliore pas d’une façon satisfaisante tous les malades. Cela a encouragé le développement d’autres procédures endoscopiques utilisant d’autres sources d’énergie, comme le laser, pour l’ablation du tissu prostatique, soit par résection, soit par vaporisation. Idéalement, ces techniques devraient avoir démontré leurs avantages par rapport à la RTU avant que leur utilisation ne soit généralisée.

T Lourenco et coll., dans une récente revue systématique avec méta-analyse des données issues d’études randomisées, ont tenté de déterminer si ces nouvelles techniques étaient plus efficaces que la RTU sur les symptômes urinaires ou exposaient à moins d’effets indésirables, comme la nécessité de recourir à une transfusion sanguine.

Quarante-cinq essais randomisés, incluant au total 3 970 patients et répondant aux critères de sélection (essais sur l’ablation endoscopique de la prostate comprenant la RTU dans l’un des bras) ont été identifiés. La qualité des études était moyenne à faible, avec des effectifs de faible taille. Aucune des nouvelles techniques n’a montré de supériorité significative quant à l’amélioration des symptômes urinaires par rapport à la RTU à 12 mois, même si une tendance vers de meilleurs résultats se dessinait avec l’énucléation au laser holmium (différence moyenne ajustée = -0,82 ; IC 95 % : 1,76 à 0,12), alors que les résultats avec la vaporisation au laser semblent moins favorables (différence moyenne ajustée = 1,49 ; IC 95% : -0,40 à 3,39). Les améliorations au niveau des mesures secondaires, comme les taux des débits urinaires maximaux, ont confirmé les tendances cliniques déjà constatées. Les taux de recours aux transfusions sanguines ont été plus élevés avec la RTU par rapport aux nouvelles méthodes (4,8 % versus 0,7 %). Les patients subissant une vaporisation au laser ou diathermique ont eu davantage de risque de souffrir de rétention urinaire (6,7 % versus 2,3 % et 3,6 % versus 1,1 %, respectivement). Enfin, la durée du séjour hospitalier a été au maximum d’une journée en moins avec les nouvelles techniques par rapport à la RTU.

D’après cette analyse, les nouvelles techniques de résection prostatique semblent avoir des résultats similaires à ceux de la méthode standard, la RTU, mais avec des besoins plus faibles en transfusion sanguine et une durée de séjour hospitalier plus courte. Cependant, la qualité des preuves fournies étant faible, dans l’attente de nouvelles données significatives, la RTU doit rester la technique standard de résection endoscopique prostatique.

Dr Georges Dubois

Référence
Lourenco T et coll. : Alternative approaches to endoscopic ablation for benign enlargement of the prostate: systematic review of randomised controlled trials. BMJ 2008; 337:a449, doi: 10.1136/bmj.39575.517674.BE (publié le 30 juin 2008).

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