La stigmatisation de la schizophrénie en France : une cible d'intervention pour favoriser l'accès aux soins

Le Grand Baromètre de la Schizophrénie, étude menée par le GHU Paris Psychiatrie & Neurosciences, a regroupé 1 102 français âgés de 18 ans et plus représentatifs de la population, 113 patients atteints de schizophrénie, 2 800 aidants ,100 médecins généralistes, 100 pharmaciens, 100 infirmiers/ères, 100 psychiatres et 51 conseillers départementaux auxquels a été soumis un questionnaire rédigé notamment par l’Association Pierre Denicker. Il en ressort que 5 % du grand public, 15 % des médecins généralistes et 61 % des psychiatres seulement connaissent la prévalence de la maladie. Par ailleurs, 84 % des médecins généralistes associent la schizophrénie à une maladie dangereuse et 45 % des patients se disent d’accord avec le caractère violent rattaché à la maladie, reflétant l’existence d’un processus d’auto-stigmatisation. Par ailleurs, 81 % du grand public, 94 % des médecins généralistes et 54 % des psychiatres évoquent le dédoublement de personnalité comme symptôme de la maladie, mettant ainsi en avant un manque de connaissance diffus. Seule une minorité de personnes, quel que soit le groupe, est tout à fait d’accord avec l’idée que la maladie est bien prise en charge, permettant une vie ‘presque normale’. Il est également frappant de constater que 70 % du grand public, 84 % des conseillers départementaux et 46 % des médecins généralistes amalgament la schizophrénie et le trouble bipolaire. Enfin, concernant la prise en charge, l’existence de traitements médicamenteux est bien connue mais la connaissance d’autres traitements (psychoéducation par exemple) est faible. Ce manque flagrant de connaissance avec le risque majeur de stigmatisation qu’il engendre conduit Nicolas Moysan (Paris), maître d’œuvre de cette étude, à recommander des campagnes d’information du grand public ainsi que des catégories professionnelles jouant un rôle majeur dans les soins des patients et leur intégration dans la cité.

Dr Dominique-Jean Bouilliez

Référence
Moysan N et coll. : Le Grand baromètre de la Schizophrénie : enquête sur la connaissance de la schizophrénie en France. 18ème congrès de l’Encéphale (Paris) : 22-24 janvier 2020.

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Vos réactions (1)

  • Un cas parmi d'autres

    Le 12 mars 2020

    Cela fait 18 mois que je suis, à ma demande, un S. suivi par ailleurs par un psychiatre et traité par du RISPERDAL 4 mg.

    A l'arrivée il fumait 4 paquets de tabac. Avec la vaporette 12 mg de nicotine il est passé de 125 kilos à 96 kilos. Il est sur le point de revendre ses cinq cigarettes électroniques.

    J'ai réussi à lui faire croire que France Culture organisait un concours de poésie surréaliste. Depuis il m'envoie un mail par soir qui exprime ce que les extraterrestres lui dictent.

    Très surréaliste mais pas d'agressivité. Il revient sans cesse sur ces fixettes : sa voiture, ses vêtements, ses chaussures, sa calvitie volontaire, les requins blancs, les transmissions de pensées.

    Dr JD

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