La succession du Pr Levy à la tête de l’INSERM nuit-elle à l’image de la recherche française ?

Londres, le jeudi 14 juin 2018 – La prestigieuse revue britannique The Lancet s’agace de l’opacité autour de la nomination du prochain président de l’INSERM, dans un éditorial au titre évocateur « la France est de retour, mais les anciennes pratiques persistent au sein de l’INSERM ».

Rappelons que l’arrivée au ministère de la Santé d’Agnès Buzyn, épouse du président de l’INSERM Yves Lévy, dont le mandat touche à sa fin, constitue une situation délicate quant à la prévention des conflits d’intérêt.

The Lancet s’étonne ainsi que « l’identité des candidats et le processus de nomination du nouveau directeur restent entourés d’incertitudes. Parmi les huit candidats en lice, seuls deux (Philippe Froguel et Jessica Zucman-Rossi) ont rendu leur candidature publique. Lévy n’a pas répondu aux questions du Lancet sur le sujet, mais il semble probable qu’il ait présenté sa candidature pour un deuxième mandat ».

Pour la revue, on ne parviendrait pas par ailleurs à déterminer clairement si « le rôle de Buzyn reste dicté par le décret de mai 2017 », qui précisait que les actes relatifs à l’INSERM seront gérés par Matignon et non l’avenue de Ségur.

Pour The Lancet « la réputation du milieu scientifique français a été endommagée » par cette situation, en contradiction avec la campagne présidentielle d’Emmanuel Macron « basée sur la transparence ».

Le journal appelle enfin le président Macron à « réformer la culture de la recherche en France »  et à changer les processus de nomination afin de les rendre ouverts et transparents. 

F.H.

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Vos réactions (4)

  • Opacité

    Le 15 juin 2018

    Le Lancet a raison de souligner la persistance des travers bien français que sont le culte du secret et la tolérance des magouilles dans la haute fonction publique.
    Néanmoins, dans le cas présent j'ai du mal à voir où est le conflit d'intérêt quand deux conjoints ont chacun une vie professionnelle personnelle.
    Il me semble que ni l'un ni l'autre n'a quoi que ce soit à gagner dans cette situation matrimoniale.

    Dr Pierre Rimbaud

  • Conflit il y a

    Le 17 juin 2018

    Le.la direc;teur.trice (pas simple l'inclusive) est nommé normalement par le ministre de la santé et depuis 2017 par le premier ministre car Mme Buzyn rentrait dans un conflit en tant que ministre de tutelle du poste occupé par son mari.

    Le premier ministre pourrait il nommer quelqu'un d'autre que le mari de celle auprès de qui il est assis le mercredi matin ?
    Je pense qu'il y a conflit.

    Dr O Morlaz

  • Sexisme ?

    Le 17 juin 2018

    Le Pr Lévy n'avait-il pas été nommé avant sa femme, ministre ? Que ne dirions nous pas si un femme subissait les mêmes dénigrements que le mari de Dame Buzyn ? Il y a fort à parier que nous aurions droit à une envolée des féministes.
    Quant aux nominations, dans ce genre d'entreprise, tout le monde sait qu'elles ne sont que le fruit du relationnel et de renvois d’ascenseur...

    Dr Christian Trape

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