La télémédecine, c’est simple comme un coup de fil

Paris, le samedi 27 avril 2019 – Parce qu’ils fondent en elle des espoirs trop importants ou de manière moins positive parce qu’ils en redoutent les dérives, beaucoup appréhendent la télémédecine comme un objet de science-fiction. Pourtant, c’est souvent la simplicité des dispositifs qui en  assure l’efficacité et la pertinence, comme en témoigne le succès de Satelia.

Mieux repérer les signes annonciateurs de complications

Le suivi d’une intervention chirurgicale (réalisée notamment en ambulatoire) suppose encore dans la très grande majorité des cas un coup de téléphone de l’infirmière au patient, le lendemain de l’intervention. La technique n’est guère optimale : dans la moitié des cas, il est impossible de le joindre. La télémédecine peut apporter une réponse simple à cet écueil. Satelia est une plateforme développée par un jeune anesthésiste réanimateur, Nicolas Pages, qui a régulièrement constaté les insuffisances et les manquements du suivi des patients opérés ou atteints de maladie chronique. Pourtant, dans un grand nombre de cas, les complications les plus graves pourraient être prévenues (ou mieux prises en charge) grâce à un accompagnement d’une meilleure qualité. Concernant par exemple les patients atteints d’insuffisance cardiaque, on estime que la moitié des 148 000 hospitalisations annuelles est précédée de signes annonciateurs dans les cinq jours avant l’admission aux urgences. Comment mieux les repérer et comment optimiser le suivi ?

Prioriser les urgences

En conservant tout d’abord une grande simplicité. Ainsi, Satelia est une plateforme qui ne nécessite pas de télécharger une application. Le patient est dirigé vers une page web où il est invité à répondre à un questionnaire, à une fréquence décidée par le médecin. La familiarisation avec le dispositif commence dès avant l’hospitalisation (pour les patients ayant bénéficié d’une intervention programmée en ambulatoire) ou au cours de celle-ci. Des sms peuvent même être envoyés avec redirection vers des vidéos explicatives et des conseils. Les professionnels de santé pour leur part reçoivent les réponses aux questionnaires, qui ont été analysées par un algorithme qui hiérarchise les situations en fonction de leur niveau d’urgence. Avant même l’obtention de ces réponses, le dispositif établit un "classement" des profils les plus à risque, ce qui permet de guider les professionnels et de leur faire gagner du temps. L’analyse des réponses intervient dans un second temps et permet elle aussi d’établir des priorités. Enfin, les patients qui s’écartent du dispositif sont également repérés et sont signalés comme devant potentiellement être rappelés.

Succès

Pour illustrer le fonctionnement et la pertinence du dispositif, Satelia propose l’exemple d’une patiente atteinte d’insuffisance cardiaque, âgée de 71 ans. De retour chez elle après une hospitalisation, elle est invitée à renseigner quotidiennement son poids. Celui-ci augmente rapidement passant de 79 kg à sa sortie d’hôpital à 86 kg trois jours après. Le système détecte alors l’émergence d’une complication : la patiente est invitée à se présenter à l’hôpital où un début de décompensation cardiaque sévère est diagnostiqué. Le traitement est alors ajusté et la patiente peut rentrer chez elle sans être hospitalisée pour une plus longue durée. Forte de ces résultats et toujours soucieuse de privilégier l’humain (la facilité pour les patients, le gain de temps et d’efficience pour les soignants), Satelia réfléchit aujourd’hui à de nouveaux développements, notamment des dispositifs d’interaction vocale pour les patients malvoyants. Présente gratuitement dans 35 hôpitaux (contre 15 au mois de janvier), la startup (dont le dispositif est pris en charge par la Sécurité sociale) espère séduire de nouveaux établissements en France et à l’étranger et élargir son offre à d’autres types de prise en charge.

Léa Crébat

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