La thrombose veineuse superficielle n’est pas toujours anodine

La thrombose veineuse superficielle est classiquement considérée comme une pathologie relativement bénigne. De récents travaux ont toutefois suggéré que le risque thrombo-embolique (thrombose de veine profonde ou embolie pulmonaire) concerne 25 % des patients adressés aux spécialistes après une thrombose veineuse superficielle.

Mais ces patients sont sélectionnés et ne constituent pas le « tout-venant » des consultations pour thrombose superficielle.

Les résultats d’une étude rétrospective de cohorte viennent d’être publiés et apportent des informations sur le risque thrombo-embolique chez des patients « tout-venant ». L’étude, réalisée entre 2010 et 2016, représente un suivi de 1,5 millions de personne-années, suivis pendant 3 mois après l’épisode de thrombose superficielle.

L’incidence des thromboses profondes est faible mais certains patients sont plus à risque

Au total 2008 cas de thrombose veineuse superficielle ont été identifiés, soit une incidence de 1,31 pour 1 000 personne-années de suivi, incidence augmentant significativement avec l’âge, allant de 0,73 chez les patients de moins de 40 ans à 2,95 chez ceux de plus de 80 ans. Plus de 9 patients sur 10 ont été traités sans anticoagulant.
Force est de constater que le risque thrombo-embolique est relativement faible, puisque des accidents profonds sont observés chez 83 patients (incidence cumulée totale de 4,1 % ; intervalle de confiance à 95 % [IC] : 3,3 % à 5,1 %). Dans 6 cas sur 10 le diagnostic en est fait au moment de la consultation pour la thrombose superficielle ou dans les 7 jours suivant, pour les autres la thrombose profonde survient au cours du mois suivant. Le risque paraît plus important pour les personnes suivies pour une pathologie maligne (Odds ratio [OR] 2,19 ; IC 0,97 à 4,95) et en revanche moins fréquent chez les patients connus pour une pathologie variqueuse (OR 0,57 ; IC 0,34 à 0,94).

La question que soulève cette étude est bien entendu de savoir si certaines thromboses veineuses superficielles justifieraient la mise en route d’un traitement anticoagulant. Cette étude ne répond pas à cette interrogation. L’incidence relativement faible des séquelles profondes, mais plus élevée chez certains patients, suggère qu’une analyse en sous-groupes pourrait être intéressante et permettrait peut-être de définir certains types de patients chez lesquels le traitement anticoagulant serait utile.

Dr Roseline Péluchon

Référence
Geersing G-J et coll. : Incidence of superficial venous thrombosis in primary care and risk of subsequent venous thromboembolic sequelae: a retrospective cohort study performed with routine healthcare data from the Netherlands BMJ Open 2018;8:e019967.

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