La toux chronique est un signe péjoratif dans la BPCO !

La BPCO est une pathologie très courante et une cause de décès fréquente. Dyspnée, toux et expectorations sont souvent observées. Une toux qui dure plus de 8 semaines définit la toux chronique, laquelle peut affecter de manière significative la qualité de vie. Or, rôle et impact de la toux chronique chez les personnes atteintes de BPCO n'ont pas vraiment été décrits dans la population générale. D’où l'hypothèse que la toux chronique serait un marqueur de la gravité de la maladie chez les personnes atteintes de BPCO.

Au sein d’une cohorte de 43 271 adultes âgés de 20 à 100 ans issus de la Copenhagen General Population Study (lancée en 2003, avec inscriptions de toutes les personnes vivant au Danemark), cette étude a identifié des personnes atteintes de BPCO et de toux chronique et a étudié la fréquence des symptômes respiratoires et du recours au système de santé, a mesuré la fonction pulmonaire et les biomarqueurs inflammatoires sanguins.

20 % de BPCO dans la population générale

Parmi ces 43 271 individus issus de la population générale, 8 181 (19 %) étaient atteints de BPCO, dont 796 (10 %) avaient une toux chronique. Les personnes souffrant de BPCO avec toux chronique ont obtenu un score total médian (25-75ème percentiles) de 17,7 (16,0-18,9) au questionnaire sur la toux de Leicester, ce qui correspond à 5,9 (5,3-6,3) dans le domaine physique, 5,6 (4,9-6,3) dans le domaine psychologique et 6,3 (5,8-6,8) dans le domaine social. De plus, ces patients, par rapport à ceux avec une BPCO sans toux présentaient plus souvent des expectorations (60 % vs 8 %), une respiration sifflante (46 % vs 14 %), une dyspnée (66 % vs 38 %), des douleurs / sensations de strictions thoraciques (9 % vs 4 %), une dyspnée nocturne (8 % vs 3 %), avaient eu plus d’épisodes de bronchites/pneumonies aiguës au cours des 10 dernières années (45 % vs 25 %), et ≥ 3 visites chez le médecin généraliste au cours des 12 derniers mois (53 % vs 37 %). En outre, leur VEMS était abaissé (81 % vs 89 %) de même que le rapport VEMS1/CVF (0,64 vs 0,66), tandis que des niveaux de protéine C-réactive de haute sensibilité, de fibrinogène, de leucocytes, de neutrophiles, d'éosinophiles et d'IgE sanguins étaient plus élevés.

Toux dans la BPCO : un phénotype de moins bon pronostic

Cette étude impeccable menée en population générale montre que 10 % des personnes atteintes de BPCO ont une toux chronique, vs 5 % des personnes indemnes de BPCO. Elle montre sans ambages que chez les personnes atteintes de BPCO, la toux chronique est associée à une gravité plus importante de la maladie, en termes de symptômes respiratoires et de recours au système de santé, ainsi qu’à une diminution de la fonction respiratoire et à une augmentation des paramètres sanguins de l'inflammation. Elle est indicative d'un phénotype de maladie plus grave et peut servir de marqueur de la gravité de la maladie dans la BPCO.

La toux, élément péjoratif… Rien de bien nouveau, direz-vous, mais cela va mieux en le prouvant par une étude robuste en population générale

Dr Bernard-Alex Gaüzère

Référence
Landt E, Çolak Y, Lange P, Laursen LC, Nordestgaard BG, Dahl M.: Chronic Cough in Individuals With COPD: A Population-Based Cohort Study. Chest. 2020; 157(6):1446-1454. doi:10.1016/j.chest.2019.12.038

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