La vérité sur les rhinovirus, (ex?) virus des rhumes

Les publications s’accumulent pour faire du "banal" rhinovirus un  pathogène beaucoup moins anodin que ce qu’on a longtemps cru, au point que d’aucuns accusent ce micro-organisme d’être une cause  non négligeable d’insuffisance respiratoire aiguë chez les (petits) enfants, les seniors ou les immunodéprimés. Certains le voient aujourd’hui partout, avec quelques solides arguments : exacerbations de crises d’asthme, bronchites chroniques, bronchiolites aiguës etc ; ce à quoi  d’autres répliquent qu’il n’y a rien de neuf sous le soleil, hormis qu’on a peut–être tout simplement sous-estimé un virus qui ne résiste pas aux derniers progrès des techniques diagnostiques modernes. Un argument à prendre en considération, mais qui n’excuse pas complètement qu’on ait pu se méprendre si longtemps sur le pouvoir pathogène d’un microbe si universellement répandu…
Petit retour en arrière avec l’analyse rétrospective, par N Renwick et al., d’une collection d’aspirations naso-pharyngées d’enfants qui avaient été hospitalisés entre 2003 et 2006 à Bad Kreuznach (Allemagne) pour une infection respiratoire aiguë évidemment grave. Les 97 prélèvements d’enfants, filles et garçons âgés de deux semaines à cinq ans qui s’étaient révélés indemnes de virus influenza ou de VRS, ont été repris par MassTag polymerase à la recherche d’un panel élargi de virus respiratoires. Et que constate t-on ? Que des virus respiratoires ont pu être détectés dans un peu plus de la moitié des cas, et que 75 % des nouvelles identifications (41/55) montraient la présence d’un rhinovirus. Mais pas n’importe lequel : dans 73 % des cas il s’agissait d’un variant particulier , un nouveau génotype qui pouvait être statistiquement associé avec une symptomatologie respiratoire haute mais aussi avec une forte fréquence de bronchiolites, bronchites et pneumonies…
Rendons à César ce qui est à César : les variants très pathogènes de rhinovirus n’ont pas été découverts en Europe mais aux Etats-Unis, suite à l’émergence d’infections pseudo grippales aiguës inexpliquées dans l’Etat de New York en 2004-2005. Pour N Renwick, ce génotype délétère n’est pas nouveau mais aurait plus vraisemblablement réussi à échapper aux virologues jusqu’à ces dernières années. Espérons qu’il ait raison car comme on s’en est rendu compte récemment, ce que craint avant tout l’humanité c’est le nouveau, surtout en matière de virus. 

Dr Jack Breuil

Référence
Renwick N et coll. : A recently identified Rhinovirus genotype is associated with severe respiratory-tract infection in children in Germany. J Infect Dis., 2007 ; 196 : 1754-1760

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