L’ANSM alerte les médecins et les pharmaciens sur les risques de confusion entre noms de médicaments

Paris, le jeudi 10 novembre 2016 - Se voir prescrire du Temerit pour son hypertension et repartir de la pharmacie avec du Temesta, un anxiolytique qui n’a évidemment rien à voir avec la première spécialité, à part une proximité dans le nom, est une mésaventure qui est déjà arrivée à au moins un patient puisqu’elle figure dans la « liste des confusions de noms » que vient d’actualiser l’Agence nationale de sécurité du médicament (ANSM). Cette liste comporte plus de 180 confusions entre noms de médicaments, entre noms de  médicaments et compléments alimentaires ou dispositifs médicaux, ou entre dénominations communes internationales (DCI) qui ont été déclarées à l’ANSM depuis mars 2005. Une cinquantaine d’entre elles est intervenue entre le 1er octobre 2014 et le 1er octobre 2016.

Bien évidemment, l’Agence rappelle que ces confusions « peuvent s’accompagner d’effets indésirables, parfois graves ». L’ANSM souhaite tout particulièrement attirer l’attention sur le risque qu’il y a à confondre le Previscan (fluindione, antithrombotique) et le Permixon (serenoa repens, indiqué dans les troubles mictionnels modérés liés à  l’hypertrophie  bénigne  de  la  prostate). En effet, plusieurs signalements d’erreurs de délivrance entre ces deux spécialités ont été rapportés à l’autorité de surveillance du médicament qui précise que celles-ci sont survenues « dans un contexte de délivrance sur la base d’ordonnances manuscrites ».

Cette confusion peut avoir des conséquences sanitaires très lourdes et induire, chez le patient qui en est victime, des manifestations hémorragiques graves dont certaines ont une issue fatale.

Une plus grande attention au moment de la délivrance est de rigueur

Afin d’éviter au maximum que de telles erreurs puissent avoir lieu, l’ANSM recommande aux professionnels de santé impliqués de manifester une attention particulière au cours de 3 étapes essentielles. Il est d’abord demandé au prescripteur d’employer « une écriture claire et lisible (qui) permet  au pharmacien et au patient d’éviter des erreurs de lecture ». Quant au pharmacien, il lui est fortement conseillé d’avoir « une vigilance accrue lors de l’analyse de l’ordonnance et de la sélection des médicaments (qui) permet d’éviter les erreurs ». Enfin, lors du stockage des médicaments et lorsque cela est possible, il est fortement conseillé au pharmacien de « prendre en compte le risque de confusion des médicaments ayant un nom de spécialité ou une DCI proche ».

L’ANSM rappelle enfin que chaque professionnel de santé doit déclarer immédiatement tout effet indésirable suspecté d’être dû à un médicament dont il a connaissance au centre régional de pharmacovigilance (CRPV) dont il dépend géographiquement. Les patients et les associations agréées de patients peuvent également signaler tout effet indésirable à leur CRPV. Lorsqu’il s’agit d’une erreur médicamenteuse n’ayant pas entraîné d’effet indésirable, d’une erreur potentielle ou d’un risque d’erreur médicamenteuse, la déclaration doit être faite directement à l’ANSM.

Benoît Thelliez

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