L’association des amis de Jean-Louis Mégnien veut un véritable sursaut contre le harcèlement

Paris, le mardi 20 décembre 2016 – Le 5 décembre dernier, le ministre de la Santé a présenté les principaux axes d’une stratégie « d’amélioration de la qualité de vie au travail » dédiée aux professionnels de santé.

Cette dernière est destinée à répondre au sentiment de malaise profond qui s’est exprimé de manière croissante cette année et qui a été marqué par plusieurs suicides. Les professionnels de santé qui ont contribué ces derniers mois à relayer l’ampleur de la souffrance des soignants au travail ont considéré que si cette initiative était louable et comportait de nombreuses mesures intéressantes, le diagnostic et le traitement ne répondaient pas parfaitement à la réalité.

Impasse sur le harcèlement

L’association des amis de Jean-Louis Megnien qui est l’une des plus actives pour dénoncer les difficultés auxquelles font face un certain nombre de professionnels dans leurs activités quotidiennes a notamment déploré que la stratégie fasse l’impasse sur la question, qu’elle juge pourtant centrale, du harcèlement. L’organisation et d’autres groupes estiment en effet que le harcèlement paraît aujourd’hui parfois « institutionnalisé » dans certains établissements, sans qu’aucune réponse ne soit apportée aux praticiens marginalisés, isolés et à la carrière détruite, qui parfois voient leur santé physique également dévastée. Aussi, la semaine dernière, à la veille du premier anniversaire de la mort du professeur Jean-Louis Megnien qui s’est défenestré au sein de l’Hôpital Georges Pompidou en décembre 2015, l’organisation a dévoilé les « cinq mesures urgentes » à prendre, selon elle, pour endiguer ce phénomène.

Des sanctions inappliquées

Plusieurs des propositions de l’association rejoignent celles du ministère de la Santé. Il s’agit notamment de l’établissement d’une charte dédiée à la bientraitance des soignants au sein de l’hôpital (dont l’objet serait notamment d’alerter sur les risques psychosociaux). L’organisation rejoint par ailleurs également l’avenue de Ségur dans sa volonté de créer un numéro vert national.
Les amis de Jean-Louis Megnien se démarquent cependant du ministère dans ses recommandations concernant la lutte directe contre le harcèlement. Ils appellent ainsi à  l’inscription dans la loi du principe de protection juridique des agents et médecins de la fonction publique victimes de harcèlement. Par ailleurs, ils souhaitent que les procédures de mutation soient facilitées et accélérées pour ces derniers. Ce dispositif « offre une porte de sortie rapide à la victime et il pénalise la structure maltraitance qui perd un poste de médecin dans la bataille » a expliqué, cité par le Quotidien du médecin, le professeur Philippe Halimi, président de l’association. La sanction des personnes à l’origine du harcèlement constitue une priorité pour l’organisation qui appelle encore à l’application systématique des sanctions prévues. Dans l’affaire Jean-Louis Megnien, par exemple, aucune n’a encore été prononcée, déplorent ses proches aujourd’hui.

Des dossiers urgents

Ces recommandations ont été transmises au ministère de la santé, ainsi que les dossiers de seize professionnels de santé qui seraient aujourd’hui l’objet de situations de harcèlement inextricables et pour lesquels une intervention urgente est nécessaire. Tout en souhaitant l’implication du ministère, qui a promis d’agir « sans délai » via le Conseil national de gestion, l’association agit par ailleurs sur d’autres fronts et travaillera notamment l’année prochaine à l’élaboration d’une proposition de loi.

Aurélie Haroche

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