L’avocat, une bonne défense contre les maladies cardiovasculaires !

Les maladies cardiovasculaires (MCV), qui comprennent les maladies coronariennes et les accidents vasculaires cérébraux, étaient en 2020 la première cause de mortalité aux États-Unis [1]. Par comparaison, en France, les MCV étaient, pour la même année, la deuxième cause de mortalité après les cancers [2].

Les MCV peuvent être largement prévenues par un mode de vie sain, en particulier par une alimentation saine [3]. L’American Heart Association/American College of Cardiology recommande pour la prévention des MCV une alimentation limitée à environ 6 % des calories provenant d'acides gras saturés (AGS) et plaide pour le remplacement des AGS et des graisses trans par des graisses monoinsaturées et des graisses polyinsaturées [4].

L’avocat est un fruit à forte densité nutritionnelle, qui contient des fibres alimentaires, du potassium, du magnésium, des acides gras monoinsaturés et polyinsaturés, des phytonutriments et des composés bioactifs ; ils sont tous favorables à la santé cardiovasculaire [5]. L’avocat Hass est la variété la plus couramment consommée aux États-Unis ; pour un fruit de taille moyenne pesant 136 g, il contient environ 13 g d'acide oléique, ce qui est comparable à la quantité d'acide oléique contenue dans 42 g d'amandes ou avec 2 cuillères à soupe (26 g) d'huile d’olive [5]. Plus précisément, la moitié d'un avocat fournit jusqu'à 20 % de l'apport quotidien recommandé en fibres, 10 % de l'apport en potassium, 5 % de l'apport en magnésium et 15 % de l'apport en folate ; elle contient aussi 7,5 g d'acides gras monoinsaturés et 1,5 g d'acides gras polyinsaturés [5]. Ainsi, les avocats peuvent constituer un élément riche en nutriments d'un régime alimentaire sain.

Des données sur la population aux USA ont indiqué qu'après avoir pris en compte le mode de vie et les facteurs sociodémographiques, y compris le statut socio-économique, les consommateurs d’avocats, par rapport aux non-consommateurs, ont tendance à avoir des taux de cholestérol à lipoprotéines de haute densité (HDL) plus élevés, un risque plus faible de syndrome métabolique, ainsi qu’un poids, un indice de masse corporelle (IMC) et un tour de taille plus faibles [6].

Cependant les études épidémiologiques à long terme sur la relation entre la consommation d'avocats et le risque de MCV faisaient défaut.

Diminution du risque de MCV de 16 à 20 % pour les gros consommateurs

Une vaste étude conduite auprès d’hommes et de femmes américains vient d’être publiée montrant que la consommation d’avocats était associée à un risque plus faible de maladies cardiovasculaires [7].

Cette étude a porté sur 110 487 sujets, dont 68 786 femmes de la NHS (Nurses' Health Study) et 41 701 hommes de la HPFS (Health Professionals Follow-up Study) suivis sur une période de 30 ans, de 1986 à 2016 ; les membres de ces deux cohortes n'avaient pas de cancer, de maladie coronarienne ou d’antécédent d'accident vasculaire cérébral lors de l’inclusion.

Le régime alimentaire a été évalué à l'aide de questionnaires portant sur la fréquence des consommations alimentaires renseignées au départ de l’étude, questionnaire répété tous les 4 ans. Des régressions des risques proportionnels de Cox ont été utilisées pour estimer les rapports de risque et les intervalles de confiance (IC) à 95 %.

Au total, 14 475 cas incidents de MCV (9 185 événements coronariens et 5 290 accidents vasculaires cérébraux) ont été documentés sur les 30 ans de suivi.

Après ajustement pour tenir compte du mode de vie et d'autres facteurs alimentaires, par rapport aux non-consommateurs, les personnes dont la consommation d'avocats était plus élevée (≥ 2 portions/semaine) présentaient un risque de MCV inférieur de 16 % (rapport de risque combiné, 0,84 ; IC à 95 %, 0,75-0,95), et un risque de maladie coronarienne inférieur de 21 % (rapport de risque combiné, 0,79 ; IC à 95 %, 0,68-0,91). Par contre, aucune association significative n'a été observée pour les accidents vasculaires cérébraux.

Pour chaque augmentation d'une demi-portion/jour de la consommation d'avocat, le rapport de risque combiné pour les MCV était de 0,80 (IC à 95 %, 0,71-0,91). Le remplacement d'une demi-portion/jour de margarine, de beurre, d'œuf, de yaourt, de fromage ou de viande transformée, par une quantité équivalente d'avocat était associé à un risque de MCV inférieur de 16 % à 22 %.

Les limites de l’étude sont précisées par les auteurs. Les informations sur le régime alimentaire ayant été fournies par les participants eux-mêmes, l’évaluation de la consommation d'avocats comporte un certain degré d'erreur. Cependant, la répétition des mesures réduit l'erreur de mesure aléatoire liée à la variation intra-personnelle. Il s’est agi d’une étude observationnelle, ce qui ne permet pas d’établir une association causale et d’éliminer d’éventuels facteurs de confusion, même si les analyses ont été largement ajustées pour les facteurs de confusion potentiels. La population étudiée se composait principalement d'infirmières et de professionnels de la santé blancs non hispaniques, ce qui limite la généralisation des conclusions.

Quoi qu’il en soit,la consommation plus importante d'avocats a été associée à un risque plus faible de MCV dans deux grandes cohortes prospectives d'hommes et de femmes américains. Le remplacement de certains aliments contenant des graisses par de l'avocat pourrait entraîner une diminution du risque de MCV. Cette remarquable étude avec des cohortes suivies sur 30 années confirme que la consommation de graisses insaturées d'origine végétale améliore la qualité du régime alimentaire et constitue un élément important de la prévention des MCV dans la population générale. D'autres études sont nécessaires pour confirmer l'impact et l'efficacité de la consommation d'avocats dans la réduction de l'incidence des MCV et des facteurs de risque de MCV.

Pr Dominique Baudon

Références
[1] https://www.cdc.gov/mmwr/volumes/70/wr/mm7014e1.htm?s_cid=mm7014e1_w
[2] https://fr.statista.com/infographie/24577/principales-causes-de-mortalite-en-france-cancers-maladies-covid-19/
[3] Dalen JE, Devries S :Diets to prevent coronary heart disease 1957– 2013: what have we learned? Am J Med., 2014;127:364–369. doi: 10.1016/j.amjmed.2013.12.014)
[4] Eckel RH, Jakicic JM, Ard JD et coll. : 2013 AHA/ACC guideline on lifestyle management to reduce cardiovascular risk: a re-port of the American College of Cardiology/American Heart Association 23. task force on practice guidelines. Circulation. 2014;129:76–99. doi:10.1161/01.cir.0000437740.48606.d1.
[5] Dreher ML, Davenport AJ : Hass avocado composition and potential health effects. Crit Rev Food Sci Nutr. 2013;53:738–750. doi: 25. 10.1080/10408398.2011.556759
[6] Fulgoni Iii VL, Dreher M, Davenport AJ. Avocado consumption is as- sociated with better diet quality and nutrient intake, and lower meta- 26. bolic syndrome risk in US adults: results from the National Health and Nutrition Examination Survey (NHANES) 2001–2008. Nutr J. 2013;12:1. doi: 10.1186/1475-2891-12-1
[7] Lorena S Pacheco et coll. : Avocado Consumption and Risk of Cardiovascular Disease in US Adults J Am Heart Assoc., 2022;11(7):e024014. doi: 10.1161/JAHA.121.024014.

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