LBD : nouvelles données accablantes et nouvel échec des tenants de l’interdiction

Paris, le mercredi 13 mars 2019 - Le Sénat examinait, lundi, une proposition de loi communiste réclamant l'interdiction des LBD (lanceurs de balles de défense). Si le texte a été repoussé, il a été l’occasion pour la sénatrice LR Jacqueline Eustache-Brinio de publier un rapport sur le sujet au nom de la commission des Lois de la chambre haute. 

Dans ce document, il apparaît que le recours aux LBD est en forte augmentation,  non seulement face à la crise des gilets jaunes, mais au-delà, d’une manière générale, ces dernières années.

De l’arme ou du tireur, à qui la faute ?

Grâce à des données fournies pour la première fois par le ministère de l'Intérieur et de l'Inspection générale de la police nationale (IGPN), le Sénat rapporte 3 821 tirs de LBD au sein de toutes les unités de la police et de la gendarmerie nationales en 2014, 4 933 en 2015, 6 619 tirs en 2016, 6 591 en 2017 et 20 054 tirs en 2018.  Sur la seule période allant du 17 novembre 2018 au 5 février 2019, la police a effectué 13 460 tirs tandis que la gendarmerie en réalisait près d'un millier. En outre, en séance, la présidente du groupe CRCE (communiste, républicain, citoyen et écologiste) du palais du Luxembourg, Eliane Assassi, avançait la semaine dernière des chiffres de « 206 blessures à la tête dont plusieurs dizaines liées à des tirs de LBD » dont « 22 personnes éborgnées ».

Notons que selon ce document sénatorial,  85 % de ces tirs ont été le fait d'unités de police non spécialisées dans le maintien de l'ordre qui ont été déployées sur le terrain « à des fins judiciaires ou de renseignement » (sic).

La présence sur le terrain de ces agents avait déjà été pointée du doigt par les détracteurs dzq LBD pour expliquer la recrudescence de tirs au visage, pourtant en principe interdits.

Le rapport sénatorial n'établit néanmoins pas de liens de causalité entre les tireurs et les blessures infligées et conclut qu’interdire l'usage des LBD fragiliserait le dispositif de maintien de l'ordre.

Rappelons que de nombreuses institutions, y compris internationales, ont sommé la France, ces dernières semaines, de cesser l’utilisation de ces armes et dans ce contexte le Défenseur des droits a mis de nouveau en cause, ce mardi, leur usage. Le ministre de l’Intérieur, Christophe Castaner, a cru bon, pour sa part, de s’en prendre directement à Jacques Toubon plutôt que de répondre sur le fond : « j'ai en mémoire que Jacques Toubon a été ministre, ministre de la Justice d'ailleurs. On pourrait même se rappeler de la façon dont il était ministre. A cette époque-là aussi, il y avait des forces de sécurité. Monsieur Toubon aujourd'hui mène un combat manifestement plus personnel que collectif, peut-être pour faire oublier son propre engagement politique » a déclaré, en substance, le locataire de la place Beauvau.

Sans commentaire.

F.H.

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