Le ballon intragastrique : quels résultats à 5 ans ?

Lorsque les critères d’éligibilité pour une chirurgie bariatrique ne sont pas réunis, la pose d’un ballon gastrique chez les patients obèses représente-t-elle une alternative efficace pour la perte de poids à long terme ? Si cette technique peu invasive est proposée, souvent avec succès, pour induire une perte de poids rapide (en moins de 6 mois) en vue d’une chirurgie, son utilisation ne pourra se généraliser tant que ses bénéfices à long terme, notamment sur le poids, ne seront pas connus.

Cette étude d’intervention non-contrôlée, est l’une des premières à évaluer  l’efficacité du ballon intragastrique sur la perte de poids  5 ans après sa pose.

Cinq cents patients obèses avec un poids moyen de 126 Kg n’ayant pas pu bénéficier d’une chirurgie bariatrique  ont accepté la pose du ballon en parallèle d’un programme diététique (régime hypocalorique) avec un suivi mensuel. Le ballon de type BIB (Bioenterics Intragastic Balloon) est placé dans l’estomac par voie endoscopique puis gonflé par une solution saline pour atteindre un volume d’environ 700 ml. Le ballon est retiré au bout de 6 mois et les patients suivis jusqu’à 5 ans après son ablation. L’objectif principal étant d’évaluer l’évolution du poids sur toute cette période.

Vingt-six patients (dont 8 pour intolérance) ne sont pas allés au bout du protocole et leur ballon a été retiré prématurément. Sur les 474 patients restants (soit 95 %), la perte de poids moyenne à 6 mois (le jour de l’ablation du ballon) est d’environ 22 kg (17 % du poids initial, p < 0,001), l’IMC passant de 44 à 36 Kg/m². A 5 ans, seuls 195 patients sur les 474 (soit 41 %) se sont présentés pour évaluation. Ils avaient repris du poids mais conservaient tout de même une perte moyenne de 7,26 kg (soit 5,7 %) du poids initial.

Selon les auteurs le BIB associé à un régime alimentaire, semble être une alternative efficace pour obtenir une perte de poids à long terme.

En pratique, cette étude de faible niveau de preuve (résultats non exprimés en intention de traiter, taux d’attrition élevé ...) nous permet de penser qu’au mieux, une certaine catégorie de patients obèses pourrait en bénéficier à long terme. En attendant de mieux cerner leurs profils, Il est prématuré de la conseiller sauf en cas de dernier recours. 

Dr Rodi Courie

Référence
Kotzampassi K et coll. : 500 Intragastric Balloons : What Happens 5 Years Thereafter. Obes Surg. 2012 ; publication avancée en ligne le 28 janvier.

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Vos réactions (1)

  • On oublie l'esssentiel

    Le 24 février 2012

    Je trouve regrettable que des expérimentations soient menées auprès de malades en oubliant l’essentiel, c'est à dire le traitement de la cause de cette conduite alimentaire, en essayant de répondre au " POURQUOI ?" de cette conduite. Sans réponse le patient devra trouver un autre palliatif ou le même à sa souffrance, manger trop et redevenir obèse.

    Lucien Duclaud


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